Le Parlement européen est devenu, vendredi 19 juin, la première institution internationale à reconnaître la traite transatlantique et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité.
Cette initiative avait en effet été intégrée, à la demande de Younous Omarjee (GUE/NGL, français), à la résolution contre le racisme adoptée ce vendredi par la plénière (493 voix pour, 104 contre et 67 abstentions).
Ce texte acte, par ailleurs, le soutien des eurodéputés aux récentes manifestations contre le racisme et condamne le suprémacisme blanc. « Y compris l’utilisation de slogans qui visent à saper ou à affaiblir le mouvement Black Lives Matter et à en diluer la portée », souligne le texte.
Les députés ont ainsi massivement rejeté un amendement du groupe ID qui visait à remplacer l’affirmation « les vies des noirs comptent » par « toutes les vies comptent ».
Institutionnel. Ils réitèrent également la demande, adressée au Conseil à maintes reprises ces dernières semaines (EUROPE 12508/11), de conclure immédiatement les négociations concernant la directive transversale sur la lutte contre les discriminations, bloquées depuis 2008.
La résolution invite en outre les dirigeants de l’UE à organiser rapidement un sommet européen consacré à la lutte contre la discrimination structurelle en Europe.
Elle presse également la Commission de créer un groupe d’experts indépendants chargés de l’élaboration d’un Code européen d’éthique de la police.
Violences policières. Il est, enfin, attendu des États qu'ils mettent un terme au profilage racial, accroissent la diversité au sein des forces de l'ordre et adoptent des mécanismes indépendants de traitement des plaintes à leur encontre.
Condamnant les violences policières, les députés rappellent que les citoyens ont le droit de filmer ces violences lorsqu'ils en sont témoins et « qu’ils ne devraient jamais [...] être obligés de détruire les preuves ».
Le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a toutefois déploré l'absence dans cette résolution « de vision stratégique sur la manière de s'attaquer au racisme structurel » et a regretté qu'une telle réaction intervienne si tard (EUROPE 12505/23). Pour consulter le texte : https://bit.ly/2Vacg4x (Agathe Cherki)