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Bulletin Quotidien Europe N° 12508
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Droits fondamentaux

La lutte contre le racisme doit commencer au sein même des institutions, peu représentatives de la diversité de l’UE, estiment la Commission et le Parlement

« Des gens manifestent dans nos rues, désireux de se faire entendre. Il est temps de faire plus que les écouter, nous devons parler du racisme », a insisté la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, saluant la décision du Parlement européen d’inscrire ce sujet en tête de l’ordre du jour de la session plénière qui s’ouvrait ce mercredi 17 juin.

Celle-ci a débuté par une minute de silence observée en la mémoire de George Floyd et de toutes les victimes du racisme.

L’ouverture de la session a en outre été marquée par l’intervention de Pierrette Herzberger-Fofana : la députée allemande (Verts/ALE) a témoigné de violences policières « à caractère raciste » exercées à son encontre la veille et a appelé l’UE à « prendre des mesures concrètes pour ceux qui ne sont pas ici et ne peuvent échapper » à cette violence.

Donner l’exemple. « Je n’ai jamais fait l’expérience d’être traitée différemment en raison de mon apparence. La plupart d’entre nous, dans cette salle, ne savent pas ce que cela représente », a déclaré pour sa part Mme von der Leyen.

Appelant les députés à constater le manque de diversité au sein de leur assemblée, elle a estimé que des progrès restaient également à faire parmi les commissaires.

Dressant un constat similaire, le président du groupe Renew Europe, Dacian Cioloș (roumain), a appelé le Conseil et la Commission à soutenir l’initiative d’un groupe de travail sur la représentativité au sein des institutions.

Plusieurs voix se sont en outre élevées pour réclamer la reprise des négociations sur la directive contre les inégalités de traitement, bloquée au Conseil depuis 2008.

Jugeant cela « inacceptable », Iratxe García Pérez (S&D, espagnole) a assuré que des instruments législatifs étaient nécessaires pour agir.

Alice Kuhnke (Verts/ALE, suédoise), quant à elle, a appelé la présidente de la Commission et la future Présidence allemande du Conseil de l’UE à « saisir cette occasion historique pour agir » (EUROPE 12505/22).

Travail de mémoire. Outre le groupe ID - dont la coordinatrice, Susanna Ceccardi (italienne), a dénoncé « l’ignorance de ceux qui veulent effacer notre histoire » et estimé qu’abattre des statues ne sauverait pas le monde du racisme -, plusieurs formations ont insisté sur l’importance de reconnaître l’ancrage de la discrimination dans l’histoire européenne.

« C’est en Europe que les pires théories de hiérarchisation des races sont nées pour justifier les conquêtes, l’esclavage, la colonisation, l’Holocauste », a rétorqué Younous Omarjee (GUE/NGL, français), appelant le Parlement à devenir la première institution internationale à reconnaître la traite négrière et l'esclavage comme des crimes contre l'humanité.

Les députés adopteront vendredi une résolution sur les manifestations contre le racisme. Parmi les textes proposés, l'un, cosigné par le PPE, le S&D, Renew Europe, les Verts/ALE et la GUE/NGL, appelle notamment la Commission à créer un groupe d'experts indépendants chargés d'élaborer un code européen d'éthique de la police.

Enfin, un débat sur le racisme sera organisé la semaine prochaine au collège des commissaires. (Agathe Cherki)

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