Il aura fallu deux mois aux eurodéputées françaises Aurore Lalucq (S&D) et Manon Aubry (GUE/NGL) pour recevoir une réponse de la part de la Commission européenne à leur question prioritaire sur le contrat obtenu par le gestionnaire d’actifs américain BlackRock pour mener une étude sur l’intégration des facteurs environnementaux et sociaux dans la supervision des banques (EUROPE 12468/23).
La réponse, reçue mardi 16 juin après une lettre de rappel envoyée la veille, est loin de les satisfaire. L’argument de la Commission selon lequel l’offre de BlackRock était moins chère que ses concurrents est « inentendable » et valide le risque de conflit d’intérêts, selon les deux députées.
« Pour la plus grande décisionnaire de l’Europe, c’est le degré zéro de la décision politique. La prochaine étape c’est quoi ? Monsanto qui conseille sur l’agriculture durable ? », s'est indignée Aurore Lalucq.
Pour étayer sa réponse, la Commission a joint en annexe de la lettre la grille d’analyse qu’elle a utilisée pour trancher. Selon Mmes Lalucq et Aubry, celle-ci est complètement « inadaptée », car elle privilégie une logique quantitative, par un système de points, au lieu d'une logique qualitative, qui voudrait voir apparaître des lignes rouges, comme le risque de conflit d’intérêts justement.
La semaine dernière, Damien Carême (Verts/ALE, français) s’était dit déçu de la réponse de la Commission à son courrier et avait alors décidé de saisir à nouveau la Médiatrice européenne (EUROPE 12504/20).
Les deux députées ne comptent pas s’arrêter là non plus. Elles vont adresser une nouvelle question écrite à la Commission demandant la mise en place de nouveaux critères de sélection pour les appels d'offres.
Voir la réponse de la Commission : https://bit.ly/37EiH4O et l'annexe : https://bit.ly/2N728VD (Marion Fontana)