Environ 86 millions de tonnes (173 kg par personne) de denrées alimentaires sont gaspillées chaque année dans l’UE-28 (Royaume-Uni compris) tout au long de la chaîne de valeur alimentaire, soit environ 20% de tous les aliments produits, souligne un rapport publié mercredi 17 juin par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).
Analysant l’état des lieux et les opportunités liées aux biodéchets – principalement les déchets alimentaires et de jardin –, le rapport indique que les déchets alimentaires représentent environ 60% des biodéchets, qui eux-mêmes constituent la plus grande partie (34%) de tous les déchets municipaux en Europe.
Dans ce document, l’Agence épingle plusieurs manières dont la réduction et l’utilisation de ce flux de déchets pourraient contribuer à une économie plus circulaire.
Tout d’abord, la prévention du gaspillage alimentaire pourrait réduire considérablement les impacts environnementaux de la production, de la transformation et du transport des aliments, note le rapport, tout en précisant que ces avantages sont bien plus importants que ceux du recyclage des déchets alimentaires, qui reste nécessaire et important.
En outre, les biodéchets pourraient contribuer à une économie circulaire en fournissant des matériaux et des engrais précieux pour l’amélioration des sols ainsi que pour la production de biogaz.
Cependant, cela implique qu’ils soient collectés séparément et sans être mélangés à d’autres types de déchets. Or, actuellement, la contamination des biodéchets par les plastiques est particulièrement préoccupante, selon l’AEE, notamment à cause du fait que de plus en plus de produits de consommation en plastique sont étiquetés comme étant ‘compostables’ ou ‘biodégradables’.
Ainsi, bien que la part des déchets municipaux compostés et digérés ait été de 17% en 2018 – contre 11% en 2004 –, une forte proportion de biodéchets se retrouve dans les déchets mixtes mis en décharge ou incinérés, même dans de nombreux pays disposant de systèmes de collecte séparée bien établis, souligne le rapport.
L’organisation préconise donc la mise en place de règles claires sur l'étiquetage des plastiques compostables/biodégradables.
Pour consulter le rapport (en anglais) : https://bit.ly/3fvznOt (Damien Genicot)