Le système agroalimentaire est « loin d’être durable », a martelé, lundi 22 juin, Virginijus Sinkevičius, commissaire à l'Environnement, aux Océans et à la Pêche, en présentant la nouvelle stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030.
« La politique agricole et la politique de l’environnement doivent aller de pair et il est important de soutenir les agriculteurs dans leurs efforts pour une activité plus durable », a déclaré d’emblée le commissaire devant la commission de l’agriculture du PE (EUROPE 12500/12).
La crise de la Covid-19 a montré la vulnérabilité de notre chaîne d’approvisionnement, même si les agriculteurs ont pu s’adapter, notamment en rapprochant l’agriculture des citoyens, a-t-il estimé.
Il faut, selon le commissaire, s’assurer que la production agricole contribue à notre bien-être et à l’équilibre des écosystèmes et des ressources naturelles. Nous avons besoin d’une « véritable transformation » du système agroalimentaire, a défendu M. Sinkevičius.
Il a ensuite insisté sur les principaux éléments de cette stratégie, notamment : la restauration obligatoire de 30% des écosystèmes terrestres et marins d'ici 2030, consacrer un quart des terres cultivées à l'agriculture biologique, réduire de 50% l'utilisation et les risques des pesticides chimiques d'ici 2030.
« Si nous ne nous attaquons pas au défi de la biodiversité, ce sont les agriculteurs qui en souffriront », a-t-il mis en garde. « Et passer à des pratiques agroécologiques réduit le coût des intrants », a-t-il fait valoir. Les régimes alimentaires doivent aussi évoluer : « Moins de viande et moins de lait, cela veut dire moins de terres nécessaires à la production », a considéré le commissaire.
Enfin, il souhaite que la stratégie en matière de biodiversité se fasse avec les agriculteurs, pas contre eux. La nouvelle politique agricole commune (PAC) permettra, selon lui, de mettre cette stratégie en œuvre. (Lionel Changeur)