Les députés membres de la commission de l’environnement du Parlement européen ont tous réservé un accueil très favorable à la stratégie de l’UE pour la biodiversité à l’horizon 2030, que leur a présentée le commissaire européen à l’Environnement, aux Océans et à la Pêche, Virginijus Sinkevičius, vendredi 5 juin (EUROPE 12491/2).
Certains, comme Jytte Guteland (S&D suédoise), l'ont jugée « excellente », d'autres se sont déclarés « agréablement surpris » par le niveau d’ambition, à savoir des objectifs contraignants en 2021 pour la restauration d’au moins 30% de tous les écosystèmes terrestres et marins d'ici 2030.
En réponse aux questions des députés inquiets de la capacité, cette fois, à atteindre les objectifs visés, après l’échec retentissant de la stratégie pour l’horizon 2020, le commissaire a estimé que l’implication de tous les acteurs de la société et les indicateurs de progrès étaient les meilleurs gages de la réussite de la stratégie 2030.
« La protection de la nature est partie intégrante d’une future économie résiliente. La PAC sera un outil essentiel pour inverser la perte pérenne de biodiversité. Je souhaite une stratégie inclusive dans sa mise en œuvre », a déclaré M. Sinkevičius. Il a précisé qu'en 2021, la Commission soutiendra de nouvelles pratiques agricoles, de pêche et sylvicoles durables. Selon lui l'agrotourisme et la production bio devraient créer de nouveaux emplois et il sera possible de combiner profit et durabilité dans l'agriculture comme dans les secteurs de la sylviculture et de la pêche.
Ville Niinistö (Verts/ALE, finlandais) a insisté sur l'importance de la gestion durable des forêts.
Pesticides. À Alexandr Vondra (CRE, tchèque), le commissaire a dit que l'objectif de réduction de 50% minimum pour éliminer les risques des pesticides chimiques et des pesticides à haut risque était à portée de main. La gestion intégrée des pesticides est une pratique qui s’installe et pourtant, les rendements ne diminuent pas. États membres et Commission souhaitent en réduire l'utilisation en volume et en pourcentage. « Au Danemark, la réduction de 50% est possible ; en France, c'est prévu d’ici 2025 », a souligné le commissaire.
Pollinisateurs : répondant à des questions de Jytte Guteland et de Mairead McGuinness (PPE Irlande), il a indiqué que l'initiative de l'UE pour les pollinisateurs sera revisitée d’ici la fin de l'année, en vue d'être améliorée.
Équilibres entre intérêts antagonistes. Le commissaire est convaincu que la stratégie pour la biodiversité est l'occasion pour les agriculteurs d'être plus concurrentiels. Il a évoqué une création de valeur économique estimée à 1.8 trillion d'euros. En outre, la nouvelle PAC doit fournir des moyens de compenser les choix durables des agriculteurs (augmentation de 15 milliards dans le nouveau CFP) et la stratégie 'de la fourche à la table' prévoit des mesures pour accroître la compétitivité des agriculteurs.
Comme Maria Soraya Rodriguez (Renew Europe, espagnole), il estime que l'argent est le nerf de la guerre pour financer la transition. Il a évoqué l'instrument pour l'économie circulaire et la protection de l'environnement qui sera créé au sein d'Invest EU (10 milliards d’euros). Il a aussi indiqué qu'un acte délégué établissant une taxonomie de la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes sera pleinement opérationnel d’ici 2022. L’objectif sera d'avoir un financement de 35 milliards euros par an pour financer Natura 2000. (Aminata Niang)