Les mesures de verdissement de la politique agricole commune (PAC) ont échoué jusqu’ici à enrayer le déclin de la biodiversité qui se poursuit sur les terres agricoles, souligne la Cour des comptes dans un rapport sévère publié le 5 juin, journée mondiale de l’environnement.
Par sa stratégie pour la biodiversité à l’horizon 2020, l’UE s’était pourtant engagée à stopper ce déclin, à accroître la contribution de l'agriculture et de la sylviculture au maintien de la biodiversité et à apporter une « amélioration mesurable » de l'état de conservation des espèces et des habitats affectés par l'agriculture.
Bien que certaines exigences en matière de paiements directs comme l'« écologisation » et la « conditionnalité » soient susceptibles d'améliorer la biodiversité, Commission et États membres ont privilégié des options à faible impact, comme les cultures fixant l'azote, note la Cour.
Elle épingle aussi le régime de sanctions insuffisant pour avoir un impact significatif, ainsi que la sous-exploitation du potentiel d'écologisation, notamment celui du développement rural.
La Cour note en outre qu’en l’absence d’objectifs mesurables dans la stratégie pour la biodiversité d’ici 2020, il est difficile de mesurer les progrès accomplis et la performance des actions financées par l’UE.
Les auditeurs recommandent à la Commission de mieux coordonner cette nouvelle stratégie et la PAC, de renforcer la contribution des paiements directs et du développement rural à la biodiversité, de suivre plus précisément les dépenses budgétaires et d'élaborer des indicateurs fiables pour évaluer l'incidence de la PAC. Alors que la stratégie 'Biodiversité' pour l’horizon 2030 vient d’être présentée, la Cour reconnait que certaines mesures correspondent à ses préconisations.
« La proposition de la PAC pour l'après-2020 et la stratégie de biodiversité pour 2030 visent à rendre la PAC plus réactive aux défis tels que la perte de biodiversité », précise le membre de la Cour des comptes responsable de l'audit, Viorel Ștefan, dans un communiqué. C'est aussi ce qu'a souligné vendredi le commissaire à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, devant la commission de l'environnement du Parlement européen. Pour lire le rapport : https://bit.ly/3gYBeNB (Aminata Niang)