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Bulletin Quotidien Europe N° 12500
ACTION EXTÉRIEURE / Royaume-uni

Michel Barnier regrette l'absence de percée dans les négociations sur la future relation entre Londres et l'UE

Le négociateur de l’Union européenne pour les négociations sur la future relation avec le Royaume-Uni, Michel Barnier, a regretté, vendredi 5 juin, que le cycle de négociations bilatérales, qui s’est tenu du 2 au 5 juin, ait abouti à de maigres progrès. Un accord sur la pêche avant juillet, notamment, paraît hors de portée.

Ce constat a été partagé par son homologue britannique. David Frost a évoqué des « progrès limités » et considéré que les négociations en vidéoconférence avaient atteint « leurs limites ». Les deux parties devraient d'ailleurs essayer, fin juin, de se voir cette fois physiquement.

« Il était nécessaire de débloquer quatre points : la pêche, les règles de concurrence équitable, les garanties de droits fondamentaux pour la coopération policière et judiciaire et la gouvernance », a rappelé Michel Barnier. Même si « beaucoup de temps y a été consacré, la vérité est qu’il n’y a pas eu de progrès significatifs », a-t-il commenté.

Alors que ce cycle de discussions était officiellement le dernier avant que les deux parties ne se retrouvent en mini-sommet à la mi-juin pour faire le point sur les avancées, le négociateur en chef de l'UE a noté quelques avancées sur les droits fondamentaux et l’engagement de Londres envers la Convention européenne des droits de l’Homme. La Commission fait d'un tel engagement une condition à la négociation de dispositifs bilatéraux de coopération judiciaire et policière, par exemple sur l’extradition.

Sur les autres éléments, la moisson est restée mauvaise. Et M. Barnier a espéré qu’un nouveau cycle de discussions physique pourra enfin changer la donne.

Sur la pêche, les Britanniques n’ont pas bougé ni montré d’autres approches que celles « du rattachement zonal », a indiqué le négociateur. « Ils continuent de conditionner l’accès à leurs eaux à une négociation annuelle », approche « impossible pour nous, même d’un point de vue technique », a-t-il ajouté.

Sur cette question, la Commission veut maintenir la logique de stabilité qui a duré pendant 40 ans d'appartenance du Royaume-Uni à l'UE.

Alors que, sur la pêche, les parties souhaitaient trouver un accord au 1er juillet, « il semble clair que nous n’atteindrons pas cette cible », a dit Michel Barnier.

Sur la préservation de conditions de concurrence équitables, il n’y a eu, selon M. Barnier, « aucun progrès », en dépit de « notre choix de travailler sur des sujets qui auraient pu et dû être plus consensuels », comme sur les clauses de non-régression sur le climat, l’écologie, la fiscalité ou le développement durable.

Recul par rapport à la déclaration de 2019 sur les relations futures

Sur la gouvernance, aucune percée n’a été réalisée non plus alors que la Commission souhaite un accord global et que Londres recherche des accords sectoriels.

M. Barnier s’est inquiété des reniements de Londres sur la déclaration politique relative aux relations bilatérales futures, approuvée en octobre 2019, qui accompagne l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE. Le gouvernement britannique s’éloigne de cette déclaration et « recule » même, a-t-il constaté. Londres ne semble notamment plus vouloir garantir l’objectif d’avoir des standards élevés sur la fiscalité, le climat et les aides d’État.

Le négociateur a aussi continué de déplorer le manque de volonté des Britanniques de négocier une future relation dans le domaine stratégique et de défense. Il a dit ne « pas comprendre » pourquoi Londres ne veut pas trouver un accord sur cette question avec l’UE « alors que c’était aussi dans la déclaration politique ».

En dépit de ces critiques, Michel Barnier a à nouveau jugé qu’un accord reste possible « au cours de l’été », si « l’on garde du calme et de la sérénité ».

D’ici là, le sommet de haut niveau, que Boris Johnson veut utiliser pour une discussion plus politique, aura eu lieu. Ce qu’en attend Michel Barnier ? Un engagement à nouveau très fort de la part du Premier ministre britannique « de respecter la déclaration politique ». Car, pour M. Barnier, en ce début juin, « on approche du moment de vérité » dans ces négociations. (Solenn Paulic)

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