Après l'ouverture de centres sur la lutte contre la cybercriminalité, le terrorisme, le trafic illicite de migrants et les formes graves de criminalité organisée, Europol s’est doté, vendredi 5 juin, d’un centre européen de lutte contre la criminalité économique et financière (EUROPE 12499/24).
En conférence de presse, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a estimé que l’inauguration de ce centre arrivait « au bon moment ». La crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19 donne une « possibilité au crime organisé d'être plus fort quand l'économie légale est plus faible », a-t-elle estimé. Les aides économiques proposées dans le contexte de la pandémie sont et seront ciblées par les criminels, a-t-elle observé.
« La criminalité financière coûte chaque année 110 milliards d’euros à l’UE », a rappelé pour sa part la directrice de l’agence, Catherine de Bolle, soulignant qu'une telle somme pourrait être utilisée pour soutenir les économies européennes face à la crise.
Selon les données d’Europol, 98,9% des profits criminels ne sont pas confisqués et restent entre les mains des criminels. Un des principaux obstacles, selon Mme de Bolle, est le partage limité des informations financières à travers les frontières. La numérisation constitue aussi un défi supplémentaire de taille pour les services répressifs, a-t-elle ajouté.
Le nouveau centre permettra justement de renforcer le soutien opérationnel aux États membres et favorisera le recours systématique aux enquêtes financières.
Composé de 65 experts, il couvrira une large gamme de crimes économiques et financiers allant de la fraude fiscale jusqu'à la violation de la propriété intellectuelle et la contrefaçon, en passant par le blanchiment d'argent et la corruption.
Le centre permettra aussi de promouvoir une meilleure coopération entre les secteurs public et privé. « La coopération avec les banques est essentielle », a estimé Mme Johansson. La Commission entend d'ailleurs se pencher de plus près sur ce sujet dans le cadre de la révision du mandat d'Europol. (Marion Fontana)