Abordant la question d’une éventuelle deuxième vague de Covid-19, Steven Kapsos, le chef de l’unité d’analyse et de production de données statistiques de l’Organisation internationale du travail, a insisté sur le rôle du dépistage et du traçage (testing and tracing) pour réduire la destruction de l’emploi en période de pandémie, lors d’une intervention devant les eurodéputés de la commission ‘Emploi et Affaires sociales’ (EMPL), lundi 22 juin.
« Notre analyse montre qu'investir dans l'identification et le dépistage des cas, l'isolement et la recherche des contacts semble être un outil très puissant pour limiter l'impact de la pandémie sur les travailleurs et les entreprises », a assuré l’expert devant les eurodéputés. « Nous constatons que les tests et la recherche des contacts sont associés à une réduction des pertes d'heures de travail pouvant aller jusqu'à 50% », a-t-il ajouté.
M. Kapsos a expliqué que cette approche limitait les mesures extrêmement restrictives (comme un confinement national) et permettait de limiter la destruction d’emplois et d’heures travaillées, comme l’a montré la Corée du Sud. Elle permettait aux travailleurs d’avoir une bien meilleure appréhension du risque. Cette approche évitait des ruptures dans les processus de production et laissait plus de marge de manœuvre aux entreprises pour s’organiser. En outre, selon l’expert, cette stratégie serait peu coûteuse, moins de 0,1% du PIB national.
Les chiffres présentés par M. Kapsos sont éloquents : l’Europe aurait détruit en heures de travail l’équivalent de 26 millions d’emplois à temps plein (40h par semaine) durant ce premier semestre 2020. Mondialement, les secteurs les plus touchés seraient le commerce de gros et de détail, l’industrie manufacturière, l’hôtellerie et la restauration, et enfin, l’immobilier.
M. Kapsos a également expliqué que les chiffres du chômage en Europe étaient très loin de la réalité, étant donné qu’ils ne comprenaient pas les situations de chômage partiel. D’une manière générale, l’expert a estimé que l’Union européenne a eu une résilience sociale bien meilleure que dans les autres régions du monde, grâce à ses systèmes sociaux. (Pascal Hansens)