L’Allemagne, la France, l’Italie et les Pays-Bas ont annoncé, samedi 13 juin, avoir signé un accord avec le groupe pharmaceutique AstraZeneca pour garantir la fourniture à l'UE de 300 millions de doses d'un éventuel vaccin contre le coronavirus. Si la Commission européenne a semblé se réjouir d'un tel accord, la Belgique, elle, l'a qualifié de « déraisonnable ».
L'annonce a été faite officiellement au cours du week-end par le gouvernement allemand, à la tête de ce groupe de 4 pays réunis au sein de l'Alliance pour des vaccins inclusifs de l'Europe (Europe’s Inclusive Vaccines Alliance - IVA). L'accord conclu avec AstraZeneca prévoit l'approvisionnement de l'ensemble des pays membres de l'UE dès qu'un vaccin contre la Covid-19 sera découvert.
L'entreprise pharmaceutique a indiqué dans un communiqué de presse avoir signé des « accords similaires » pour 700 millions de doses avec le Royaume-Uni, les États-Unis et les Fondations Gavi et Cepi de Bill & Melinda Gates et être convenue d'une licence avec le Serum Institute of India pour la fourniture d'un milliard de doses supplémentaires, principalement pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Les États-Unis seraient prêts à débourser jusqu'à 1,2 milliard de dollars contre un tiers du premier milliard de doses développées par AstraZeneca.
« Déraisonnable », juge la ministre belge de la Santé
L'« action rapide et coordonnée d'un groupe d'États membres » va bénéficier à « tous les citoyens de l'UE », s'est réjoui le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, alors que le groupe pharmaceutique a indiqué dans un communiqué distinct que le nombre de doses pourrait même atteindre 400 000 au maximum. Même ton optimiste de la part de la Commission européenne, qui a pourtant proposé la semaine passée aux États membres d'unir leur voix auprès de sociétés pharmaceutiques en procédant via des accords d'achat anticipé (EUROPE 12505/1). « L'action commune des 4 États membres illustre les avantages de travailler ensemble et de la mise en commun des ressources entre les pays pour accélérer le développement des vaccins et en garantir l'accès », a commenté un porte-parole de la Commission. Et un autre de compléter : « Les deux initiatives sont intimement liées et complémentaires ».
De son côté, la ministre belge de la Santé publique, Maggie De Block, a jugé cet accord conclu par les quatre pays « déraisonnable ». « En faisant cela, vous affaiblissez tout le monde : tant l'initiative globale de la Commission que votre propre position », a réagi Mme De Block.
À noter que les 4 pays discutaient également d'une éventuelle coopération avec la Grande-Bretagne, la Norvège, Singapour et le Japon. (Sophie Petitjean)