Les ministres européens de la Santé ont appuyé l'idée de la Commission européenne de miser ensemble sur une série de vaccins prometteurs en soutenant financièrement leur développement en échange d'un accès rapide à celui qui se révélerait efficace. C'est ce qui résulte de la visioconférence qu'ils ont tenue à distance, vendredi 12 juin.
Les modalités toujours en discussion
Pour rappel, la Commission planifie de présenter, mercredi 17 juin, une stratégie de l'UE pour le développement d'un vaccin contre la Covid-19 qui reposera sur des accords d'achat anticipé (EUROPE 12503/2). Mais avant, elle a profité de la visioconférence pour sonder les ministres de la Santé sur leur degré d'intérêt.
« De nombreux points ont été soulevés et il y a eu un soutien écrasant, je dirais, à cette initiative de la Commission », a résumé la commissaire chargée de la Santé, Stella Kyriakides, après la discussion à huis clos. Interrogée par EUROPE pour savoir si certains États membres avaient exprimé leur intention de ne pas participer au futur mécanisme, elle a répondu : « Pour autant que je sache, aucun État membre n'a dit qu'il n'adhérerait pas à cette initiative. Bien sûr, ils ont besoin de voir comment cela évoluera et nous discuterons avec eux de nombreuses observations qu'ils ont formulées ».
Selon elle, la coalition formée par la France, l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas ne doit pas être vue comme faisant concurrence à la future stratégie de la Commission. « On est tous du même côté », a-t-elle assuré, estimant que les deux initiatives devraient finir par converger dans l'intérêt général (EUROPE 12499/5).
Le programme EU4Health suscite des craintes sur la subsidiarité
Cette visioconférence informelle a aussi permis aux Vingt-sept d'échanger sur le programme de santé EU4Health que la Commission suggère de mettre sur pied après 2020 pour tirer les leçons de la pandémie (EUROPE 12495/7).
Lors du tour de table, public cette fois, plusieurs États membres ont exprimé leurs craintes de voir l'UE empiéter sur leurs compétences. La République tchèque a appelé à l'adoption par les États membres d'un programme de travail annuel, de règles précises en matière de cofinancement, et à la mise en œuvre d'indicateurs clairs. Les Pays-Bas, pour qui ces discussions ne peuvent être dissociées de celles sur le budget de l'UE 2021-2027, ont souligné que le rôle des États membres ne pouvait être réduit à l'exécution du programme.
Enfin, l'Allemagne, qui assurera la Présidence tournante du Conseil de l'UE à partir du 1er juillet 2020, a appelé à doter le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies d'un « groupe d'experts d'intervention rapide » ('health taskforce') et à créer et financer un réseau européen de spécialistes sur la sécurité des patients.
Le pays est l'un des cosignataires - avec la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la France et la Pologne - d'un courrier adressé à la Commission en faveur d'une plus grande coopération européenne dans le domaine de la santé, notamment dans le partage de données, la constitution de stocks stratégiques et la recherche.
Voir la lettre : https://bit.ly/3fukbS3 (Sophie Petitjean)