Les ministres chargés du Marché intérieur et de l'Industrie ont soutenu, à l’issue d’une réunion informelle par visioconférence, vendredi 12 juin, une déclaration commune sur le Plan de relance de la Commission européenne dans laquelle ils approuvent tous les grands principes avancés par la Commission européenne, notamment pour renforcer l’autonomie stratégique européenne tout en maintenant le principe d’une économie ouverte.
En substance, la déclaration salue les objectifs du Plan de relance et notamment l’accent mis sur les investissements à la fois publics et privés, le renforcement du marché intérieur ainsi que l’importance de la transition verte et numérique en lien avec la neutralité climatique et l’économie circulaire.
Elle insiste sur l'importance du numérique pour relancer l’économie européenne au sortir de la crise sanitaire et souligne en outre le rôle cardinal que doivent jouer les Projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) dans la consolidation de l'économie européenne. Dans ce cadre, les ministres « prennent note » des 14 écosystèmes isolés par la Commission européenne.
Point intéressant, les ministres estiment toujours pertinent le « paquet de mars » sur l’industrie et les PME présenté par la Commission européenne peu de temps avant l’entrée de l’Union dans une phase de confinement. De même pour le « paquet de février » sur l’intelligence artificielle.
Autre point intéressant, les ministres donnent un « coup de pouce » politique à la formation 'Compétitivité' du Conseil en lui reconnaissant un rôle de coordination et de suivi des dimensions liées au marché intérieur et à l’industrie dans le cadre du Plan de relance de la Commission européenne.
Reste que l’équilibre entre économie ouverte et autonomie stratégique, qui avait été longuement discuté à la réunion du Comité des représentants permanents (Coreper) mercredi 10 juin (EUROPE 12504/12), a encore causé quelques crispations diplomatiques. Le Danemark et l’Espagne ont ainsi adopté, en sus de la déclaration ministérielle soutenue par les 27 ministres, une déclaration commune dans laquelle est réitérée l’importance de préserver intact le commerce international. L’approche aurait étonné dans les couloirs diplomatiques, nous dit-on, surtout de la part de l’Espagne.
Durant les interventions, l’Autriche aurait plaidé pour que l’Union européenne lance un projet important d’intérêt européen commun dans le domaine de la santé, à la fois pour le matériel médical et pour les médicaments et notamment les antibiotiques. Sa proposition aurait trouvé le soutien de plusieurs autres délégations.
Pour consulter la déclaration : https://bit.ly/2UDJAAs (Pascal Hansens)