C'est une évaluation des risques « prudemment optimiste » qu'a présentée le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, jeudi 11 juin. Dans ce nouvel exercice, le dixième depuis le début de la pandémie, l'agence constate que l'Europe n'est plus le premier foyer infectieux et que la première vague de transmission a amorcé son déclin dans la plupart des États membres (à l'exception de la Pologne et de la Suède).
Craignant toutefois l'émergence d'une seconde vague, la directrice de l'ECDC a mis en garde : « La pandémie n'est pas terminée », appelant les États à poursuivre leurs efforts malgré le risque de « fatigue de l'isolement ». Et de rappeler 4 messages clés : - il s'agit d'un marathon, pas d'un sprint ; - il ne faut pas baisser la garde ; - il faut s'adapter à une 'nouvelle normalité' ; - ensemble, nos actions nous donnent le pouvoir de contrôler la propagation du virus.
Globalement, l'ECDC estime que le risque de Covid-19 dans la population générale de l'UE, de l'Espace économique européen et du Royaume-Uni est « faible » dans les zones où la transmission communautaire a été réduite et où les tests approfondis montrent des taux de détection très faibles. Le risque reste toutefois « modéré » dans les zones où la transmission est substantielle et où les mesures de distanciation appropriées ne sont pas en place.
L'étude montre que la Suède est le seul pays à enregistrer un taux d'incidence de 14 jours supérieur à 100 cas pour 100 000 habitants. Mais elle ne lui adresse aucun reproche et va même jusqu'à relever le comportement responsable des Suédois en l'absence de mesures légales de confinement (à Stockholm, 1 suédois sur 2 a fait du télétravail la semaine du 6 avril et les espaces commerciaux et de loisir ont vu leur taux de fréquentation diminuer de 30%).
Sur la scène internationale, la proportion de tous les cas mondiaux de Covid-19 signalés par l'UE/EEE et le Royaume-Uni est passée de 41% le 23 avril à 14% le 9 juin. Malgré un nombre de cas à peine plus élevé que l'Asie, l'Europe enregistre toutefois un nombre de morts beaucoup plus élevé que ce continent (Asie : 21% des cas et 9% des décès dans le monde ; EUROPE 22% des cas et 44% de décès ; USA 53% des cas et 46% des décès).
En ce qui concerne les taux actuels d'immunité dans la population, l'ECDC souligne que les informations disponibles issues des études séroépidémiologiques suggèrent que l'immunité adaptative des populations reste faible.
Consulter l'étude : https://bit.ly/37l8M43 (Sophie Petitjean)