Satisfaits du sérieux budgétaire et de la poursuite des réformes en cours en Grèce, les ministres des Finances de la zone euro ont approuvé, jeudi 11 juin, le déblocage de la 3e tranche d'aide de 748 millions d'euros qui permettra d'alléger le service de la dette publique grecque.
Cette décision a été prise sur la base du 6e rapport de suivi post-plan de sauvetage macroéconomique de la Grèce (EUROPE 12491/13).
Dans sa déclaration, l'Eurogroupe salue le respect par Athènes, depuis cinq ans, d'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) et sa capacité à dégager un excédent budgétaire de 1,5% du PIB en 2019. Il voit d'un bon œil les progrès dans les réformes, notamment en matière de privatisation, d'État-providence, de marché du travail et d'administration publique, tout en notant un retard dans la réforme du secteur financier. Il requiert des efforts décisifs pour réformer les règles d'insolvabilité des entreprises et renforcer la collecte de l'impôt.
Le 7e rapport des créanciers institutionnels est attendu pour septembre.
Voir la déclaration de l'Eurogroupe : https://bit.ly/3cX4wZu
Rapport 'Almunia'. Les fonds de sauvetage permanent et provisoire de la zone euro ont prêté au total 203,8 milliards d'euros à la Grèce.
Le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui détient plus de la moitié de la dette grecque, a publié jeudi le rapport piloté par l'ancien commissaire européen, Joaquín Almunia, qui évalue les trois plans de sauvetage grecs. Selon ce dernier, l'objectif fondamental de préserver l'intégrité de la zone euro, avec la Grèce comme membre, a été atteint.
M. Almunia formule néanmoins cinq recommandations principales pour améliorer les modalités des plans de sauvetage macroéconomiques. Figure au premier rang de ces recommandations l'importance de « l'appropriation » par l'ensemble des parties prenantes d'un pays mis provisoirement sous tutelle financière. Il est primordial d'analyser les raisons macroéconomiques qui ont contraint un pays de la zone euro à demander de l'aide et de « garantir que les efforts soient répartis équitablement au sein de la société pour éviter les coûts sociaux inutiles », a estimé M. Almunia devant la presse.
L'ancien commissaire européen recommande aussi de définir clairement les objectifs stratégiques d'un plan de sauvetage, de coordonner davantage les analyses macroéconomiques entre les créanciers institutionnels et d'assurer un suivi ex post afin que le redressement opéré se poursuive longtemps après la fin d'un plan d'aide.
Considérant que le rapport 'Almunia' constitue une bonne base de réflexion sur la façon d'améliorer les plans de sauvetage, le directeur du MES, Klaus Regling, a reconnu l'importance d'« expliquer sans relâche » les raisons pour lesquelles des mesures d'ajustement budgétaire sont requises en échange d'une aide financière.
Voir le rapport : https://bit.ly/2YvfAYz (Mathieu Bion)