Les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du Conseil européen, Charles Michel, et du Parlement européen, David Sassoli, sont convenus, lundi 15 juin à l’issue d’une vidéoconférence avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, de donner « un nouvel élan nécessaire » aux négociations sur la future relation, alors que les quatre premiers cycles de pourparlers n’ont pas permis d’aplanir les divergences (EUROPE 12500/6).
Lors de cette réunion de haut niveau, prévue formellement par l’accord sur un Brexit ordonné pour faire le point sur les négociations entamées début février et ralenties par la pandémie, les trois dirigeants européens ont aussi pris « acte » officiellement de la décision britannique de ne pas demander la prolongation de la période de transition post-Brexit qui s’achèvera donc fin 2020. Vendredi, le ministre Michael Gove avait déjà confirmé ce rejet de l’extension (EUROPE 12505/7).
Sur le fond, les quatre responsables « se sont félicités des discussions constructives sur les relations futures qui ont eu lieu sous la direction des négociateurs David Frost et Michel Barnier », indique un communiqué conjoint. Ces discussions ont permis « aux deux parties de clarifier et de mieux comprendre leurs positions ». Et, lors des quatre cycles de négociation, « des textes ont été échangés malgré les défis posés par la pandémie de Covid-19 ».
Mais le délai pour finaliser les négociations est désormais réduit à 4 mois, la phase de ratifications devant débuter fin octobre pour qu'un éventuel accord soit en vigueur début janvier 2021.
Dans ces circonstances, les dirigeants ont donc « soutenu les plans approuvés par les négociateurs visant à intensifier les pourparlers en juillet et à créer les conditions les plus propices à la conclusion et à la ratification d'un accord avant la fin de 2020. » Et « cela devrait inclure, si possible, de trouver rapidement un terrain d'entente sur les principes qui sous-tendent tout accord », ajoutent-ils.
Cette réunion était « un non-événement », a observé un diplomate. Elle était en effet déjà prévue et s’inscrit à la suite de cycles de discussion ayant montré de profondes divergences entre les deux partenaires.
La Commission et le gouvernement britannique ne sont toujours pas d’accord sur la forme globale de l’accord, la Commission et le PE critiquant l’approche sectorielle voulue par Londres. Sur la pêche, les Européens veulent pouvoir préserver quasiment le statu quo. Sur le respect de règles du jeu équitables ('level playing field'), il n’y a pas non plus de terrain d'entente, même si les États membres et le PE insistent sur le fait que Londres doit simplement garantir une correspondance des normes dans la durée et « pas un alignement », a rappelé cette source.
Comme l’a résumé Charles Michel via Twitter, il est dans l’« intérêt mutuel » des deux parties d’avoir un bon accord, « large et ambitieux ». Mais, a-t-il nuancé, « l’UE est prête à mettre un tigre dans son moteur, mais pas à acheter un cochon dans un sac ». En clair : l'UE est prête à mettre les bouchées doubles pour parvenir à un accord, mais ne signera pas un accord à tout prix.
Le Brexit à l'agenda des Vingt-sept
Michel Barnier, le négociateur de l’UE, fera le point sur ces négociations mardi 16 juin avec les ministres des Affaires européennes réunis en Conseil 'Affaires générales'.
Les Vingt-sept devraient ensuite eux aussi s'entretenir sur la question lors du sommet européen par visioconférence, vendredi 19 juin. Charles Michel les informera de la réunion de lundi. Le point à l'agenda devrait cependant rester court, l’essentiel du sommet étant consacré au premier tour de table sur le budget de l'UE 2021-2027 complété par le Plan de relance pour l'Europe. (Solenn Paulic)