La crise économique qui a résulté de la pandémie de Covid-19 a eu un impact majeur sur les investissements directs étrangers dont les effets porteront à long terme, souligne le rapport 2020 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) sur les investissements mondiaux.
En 2020, les flux mondiaux d'investissements directs étrangers (IDE) devraient diminuer jusqu'à 40%, les ramenant en dessous de 1 000 milliards de dollars pour la première fois depuis 2005. Une chute qui devrait encore se prolonger en 2021, avec une réduction de 5 à 10% supplémentaire, estiment les auteurs. Ils prédisent également que l’UE en ressentira particulièrement l’impact, avec une réduction des IDE évaluée entre 30 et 45%.
Le choc n’est pas seulement celui de l’offre, il se trahit aussi au niveau de la demande d’IDE, souligne le rapport. De même, les politiques publiques face aux investissements ont été marquées par la crise. Beaucoup d’entités ont mis en place des politiques de plus en plus restrictives quant aux IDE, notent les auteurs, notamment pour filtrer ces investissements et protéger ainsi des secteurs estimés stratégiques – tel le cas de l’UE (EUROPE 12495/16). Ces effets sur les politiques d'investissement pourront perdurer dans le temps, d'une part en accentuant la transition vers des politiques d'autorisation des IDE plus restrictives, de l'autre en déclenchant une concurrence accrue pour les investissements.
« La crise arrive en sus des défis existants pour le système, résultant de la nouvelle révolution industrielle, du nationalisme économique croissant et de l'impératif de durabilité », constatent les auteurs. « Ces défis atteignaient déjà un point d'inflexion ; la pandémie semble devoir faire pencher la balance », déchiffre la CNUCED.
Consulter l’aperçu du rapport (EN) : https://bit.ly/3d5UO7a (Hermine Donceel)