Les membres de la commission 'Développement' du Parlement européen ont fustigé, lundi 15 juin, la poursuite de la coopération avec l'Érythrée, en l'absence de progrès en matière de droits humains dans un pays qui, notamment, continue de soumettre la majeure partie de sa population à un service national illimité, civil ou militaire, notamment en travaillant pour des entreprises de construction de l'État (EUROPE 12401/5).
Tous ont déploré que la Commission reste sourde aux préoccupations du Parlement.
Les représentants de la Commission et du Service européen d'action extérieure (SEAE) ont reconnu la nécessité d'évaluer l'efficacité de la coopération. Mais, selon eux, le dialogue politique avec le gouvernement érythréen « porte ses fruits », apporte « un changement graduel », et le chantage ne « fonctionne pas » dans un pays où « il n'y a pas d'emploi ».
Ils ont démenti que l'argent versé aille enrichir l'élite érythréenne et ont fait observer que 50 millions d'euros avaient été refusés sur les 80 millions d'euros d'appui au projet autoroutier contesté à cause du travail forcé.
Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) leur a reproché de « parler la langue de bois » alors que « la dictature » n'a fait aucun progrès, selon le rapport de mai 2019 du rapporteur pour les droits de l'homme de l'ONU.
« Quatre nouveaux projets ciblent la gouvernance et l'État de droit » et « le type de programme que nous allons financer sera différent », a souligné la Commission. L'évaluation de ces initiatives sera faite avant toute programmation dans le cadre du budget 2021-2027 de l'UE. (Aminata Niang)