L’eurodéputée Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) a fustigé, vendredi 10 janvier, la poursuite du financement par l’UE d’un projet routier en Érythrée, pays qui continue de soumettre la majeure partie de sa population à un service national illimité, civil ou militaire, notamment en travaillant pour des entreprises de construction de l'État.
La Commission a récemment débloqué la deuxième tranche de 60 millions d'euros pour ce projet (contre 20 millions en 2018) sur le Fonds fiduciaire d'urgence pour l'Afrique.
« Il est inacceptable que des projets financés par l’UE soient liés au travail forcé en Érythrée », a déclaré l’eurodéputée dans un communiqué. Michèle Rivasi, qui avait adressé une question écrite le 4 novembre et une question orale le 28 novembre, n’est pas satisfaite de la réponse par mail que la Commission actuelle lui a adressée.
« Selon elle, l’Union européenne ne peut pas être tenue responsable de cautionner des violations des droits humains, car elle ne gère pas directement ce projet. Elle a confié sa mise en œuvre à l’Agence onusienne UNOPS et le financement européen est limité à l’achat de matériel de construction et d’équipement nécessaires à la réhabilitation des routes », affirme Mme Rivasi. Compter sur le bureau de l’ONU pour s’assurer que les normes et garanties de base soient respectées, y compris sur les conditions de travail, constitue, selon elle, « un chèque en blanc inacceptable ». (Aminata Niang)