Les vingt-huit ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles pour un Conseil extraordinaire, vendredi 10 janvier, ont mandaté la Commission pour qu’elle « procède à des actions de sensibilisation diplomatique » et « ouvre le dialogue pour dégager une solution politique » en Libye, a annoncé le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.
Ces actions devront être menées dans le cadre du processus de Berlin, a précisé M. Borrell, évoquant « un consensus fort parmi les ministres ».
Le processus de Berlin mené par l’Allemagne a pour objectif de rassembler le plus grand nombre possible d’États impliqués en Libye afin de préparer la mise en œuvre d’un dialogue entre les deux parties libyennes rivales.
Le Conseil extraordinaire, convoqué par M. Borrell, s’est tenu en présence de l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé. Ce dernier a à nouveau mis l’UE en garde et a fait état de « risques allant croissant ».
« Les dernières évolutions nous apprennent que la situation pourrait devenir hors de contrôle. Nous voulons faire front commun et nous engager davantage avant que l’escalade se produise », a déclaré Josep Borrell en conférence de presse.
M. Borrell a détaillé, devant les journalistes, les différentes menaces identifiées : la présence en Libye de combattants terroristes venus de Syrie et du Soudan, l’afflux de migrants qui, au vu de la situation, pourraient choisir de gagner l’Europe, le risque d’une déstabilisation de toute la région, ainsi qu’une menace liée à l’implication dans le conflit de la Turquie et de la Russie. « Tout le centre du bassin méditerranéen pourrait voir sa géopolitique complètement remaniée », a ajouté le Haut Représentant à ce sujet.
« Si nous ne parvenons pas rapidement à trouver une solution pour la Libye, la Libye deviendra une deuxième Syrie. Et ce ne doit pas être le cas », a mis en garde le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, à son arrivée au Conseil. Il sera samedi 11 janvier à Moscou pour rencontrer le président russe, Vladimir Poutine.
Josep Borrell, lui aussi, entend poursuivre le dialogue avec la Russie. Il est revenu lors du Conseil sur ses entretiens avec « presque tous les acteurs » impliqués dans le dossier - tels que le Premier ministre du gouvernement d’union nationale libyen, Fayez el-Sarraj (EUROPE 12399/1) ou le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, - et il a annoncé qu'il échangera « à nouveau avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov ». (Agathe Cherki, stage)