La Commission européenne a autorisé, vendredi 10 janvier, le projet d'acquisition d'Allergan Plc. (République d'Irlande) par AbbVie Inc. (États-Unis) pour 63 milliards de dollars (56,75 milliards d'euros). L'autorisation est subordonnée à la cession d'un produit d'Allergan pour le traitement des maladies inflammatoires de l'intestin.
Mme Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission, a expliqué que la décision de la Commission fait en sorte que l'opération de concentration « ne perturbe pas le développement d'un traitement innovant prometteur contre les maladies inflammatoires de l’intestin ».
L'enquête de la Commission a porté sur les traitements biologiques de la colite ulcéreuse et de la maladie de Crohn, pour lesquels les activités d'AbbVie et d'Allergan se chevauchent.
Il n'existe aucun remède contre les maladies inflammatoires de l'intestin. Les médicaments biologiques sont généralement prescrits après l'échec des thérapies conventionnelles.
Le portefeuille de produits d'AbbVie comprend plusieurs médicaments biologiques contre les maladies inflammatoires de l'intestin, dont le risankizumab, un médicament en cours de développement ('inhibiteurs de l'IL-23'), et l'Humira (classe de produits biologiques dénommée 'antiTNF'). Allergan développe aussi un inhibiteur de l'IL-23, baptisé brazikumab.
La Commission a constaté que le brazikumab était susceptible d'être en étroite concurrence avec le risankizumab d'AbbVie (même classe de médicaments). L'enquête de la Commission a confirmé que l'opération, telle que notifiée à l'origine, aurait entraîné une perte d'innovation dans les traitements contre les maladies inflammatoires de l'intestin, car AbbVie ne continuerait pas à développer l'inhibiteur de l'IL-23 d'Allergan. L'opération de concentration aurait empêché la mise sur le marché d'un médicament prometteur (moins de choix et hausse des prix pour les patients et les systèmes de santé).
Pour répondre aux préoccupations de la Commission en matière de concurrence, AbbVie a proposé de céder le brazikumab, l'inhibiteur de l'IL-23 d'Allergan en cours de développement, y compris les droits permettant son développement, sa fabrication et sa commercialisation à l'échelle mondiale, à un acquéreur qui poursuivra son développement. Ces engagements répondent aux préoccupations de la Commission, car ils éliminent entièrement le chevauchement entre les médicaments inhibiteurs de l'IL-23 en cours de développement par AbbVie et Allergan. (Lionel Changeur)