Les ministres européens des Affaires étrangères ont insisté sur le retour au calme en Irak et le respect de l'accord sur le nucléaire civil iranien (JCPoA), pourtant moribond, vendredi 10 janvier, lors d'une réunion extraordinaire convoquée après la récente crise aiguë entre les États-Unis et l'Iran sur le territoire irakien.
« La région ne peut pas se permettre une nouvelle guerre », a déclaré le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l'issue des travaux. « Nous appelons à un retour urgent au calme », a-t-il ajouté.
Estimant que le risque de stabilisation de l'Irak constituait « la principale inquiétude » des Vingt-huit, M. Borrell a souligné que l'UE continuerait de soutenir le pays dans les domaines militaire, sécuritaire et économique. Il a évoqué un mandat fort des Vingt-huit pour contribuer à la recherche d'une solution politique régionale en dialoguant avec tous les acteurs, notamment l'Iran.
Le vice-premier ministre irakien sera à Bruxelles lundi 13 janvier.
Ayant participé à la réunion ministérielle, le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, avait prôné à son arrivée une reprise de la formation des forces irakiennes dans la lutte contre Daech dès que la situation sur le terrain le permettra.
JCPoA. M. Borrell a estimé que, « sans cet accord nucléaire, l'Iran serait aujourd'hui une puissance nucléaire ». Selon lui, il est dans l'intérêt de l'UE de le préserver aussi longtemps que possible pour éviter la prolifération des armes nucléaires.
Regrettant le retrait américain de l'accord, le Haut Représentant a demandé à l'Iran de revenir à « un respect total et sans délai » des engagements pris dans ce cadre.
Après le désengagement américain de l'accord JCPoA et les sanctions économiques décidées par Donald Trump, les autorités iraniennes sont progressivement revenues sur leurs engagements. L'élimination du général iranien Qassem Soleimani par une frappe américaine à Bagdad a accéléré la remise en cause de l'accord, Téhéran ayant indiqué que les limites fixées concernant le nombre de centrifugeuses utilisées pour enrichir de l'uranium ne seraient plus respectées. Mais l'AIEA pourra continuer de mener ses inspections sur le terrain.
Vendredi matin, le ministre français Jean-Yves Le Drian avait estimé qu'à ce rythme, il faudrait entre « un à deux ans » à l'Iran pour se doter de l'arme nucléaire. (Mathieu Bion avec Agathe Cherki)