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Bulletin Quotidien Europe N° 12401
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Quand la fête est finie

Les partisans du Brexit préparent une fête digne d’un réveillon, le 31 janvier, le jour où le pays quittera l’UE. Mais c’est le lendemain qui est au centre de toutes les préoccupations.

Le Brexit Party de Nigel Farage dépensera 100 000 £ pour célébrer le Brexit sur Parliament Square, où les passants pourront profiter d’un feu d’artifice, de représentations musicales et de spectacles comiques, sans oublier, l’espèrent-ils, un coup d’horloge à 23 heures, pour marquer le moment de la sortie officielle du Royaume-Uni de l’UE. Le gouvernement envisage également une « célébration nationale », selon une source de Downing Street. Et même si rien de significatif ne changera du jour au lendemain, les 11 prochains mois ne seront qu’une succession d’activités, de négociations et de travail sur le terrain pour parvenir à un accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni.

Toutefois, selon l’expert en commerce David Henig, le travail à abattre s’étend bien au-delà de l’accord de libre-échange inspiré de celui signé avec le Canada et souhaité par le Premier ministre, Boris Johnson. Cet arrangement ne représente que l’un des cinq accords majeurs à conclure avant la fin de l’année 2020 ; les autres concernent les services financiers, la pêche, le partage de données et l’Irlande du Nord.

Présente à Londres cette semaine, Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne, a déclaré qu’il sera « pour ainsi dire impossible » de négocier un accord de libre-échange complet d’ici la fin de l’année (EUROPE 12399/5). Après l’avoir rencontrée, le Premier ministre a réitéré que le Royaume-Uni ne prolongerait pas la période de transition post-Brexit au-delà du 31 décembre 2020.

Mais Phil Hogan, le nouveau commissaire chargé du Commerce, a accueilli cette déclaration avec scepticisme, se montrant assez confiant au sujet de la phase initiale des négociations et ajoutant même, lors d’une réunion d’ambassadeurs organisée à Dublin cette semaine, que M. Johnson a dit « beaucoup de choses qu’il n’a finalement pas faites ». « De notre point de vue, il est important que nous passions du show médiatique à la substance », a-t-il déclaré au journal Irish Times. « Il serait utile que l’accent soit mis sur le contenu plutôt que sur le calendrier » des négociations.

Et ce contenu sera litigieux. M. Johnson a avancé cette semaine que le Royaume-Uni « maintiendra le contrôle » sur ses eaux de pêche et son système d’immigration, identifiant ainsi ce qu’il considère comme ses atouts. La pêche, bien qu'elle ne représente pas un élément majeur de l’économie britannique, est une politique sensible et les électeurs lui accordent beaucoup d’importance. Toutefois, le Royaume-Uni devra déterminer ce qu’il fera des opportunités de pêche supplémentaires obtenues, étant donné que la plupart des prises britanniques sont exportées vers l’UE et que la majorité des poissons consommés dans le pays sont importés. Le Royaume-Uni est également tenu, en vertu du droit de la mer des Nations unies, de conclure des accords d’accès et de conservation avec ses voisins en dehors de l’UE, comme la Norvège et les îles Féroé.

L’immigration et les droits des citoyens représentent un autre atout que le pays cherchera à jouer. Alors que l’accord de retrait prévoit une offre pour les cinq années à venir, Peter Foster, du Daily Telegraph, a eu accès à une lettre envoyée par le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, au ministre chargé du Brexit, Stephen Barclay, avant Noël, dans laquelle il lui fait part de ses inquiétudes relatives à l’engagement du pays de protéger les quelque trois millions de citoyens européens qui résident actuellement sur son territoire.

Le projet de loi britannique sur l’accord de retrait, la législation qui vient d’être adoptée par la Chambre des Communes (EUROPE 12400/6) et qui sera soumise au vote de la Chambre des Lords la semaine prochaine, a été modifié, via le retrait de certains pouvoirs confiés à une autorité de contrôle indépendante devant être mise en place pour surveiller les droits des citoyens après le Brexit. Les députés européens expriment également leurs inquiétudes à ce sujet (voir autre actualité).

Mais l’UE est toujours aux commandes, du moins pour l’instant. Elle dispose du plus grand marché, dont dépend le Royaume-Uni pour la plupart de ses échanges. L’UE décidera si l’éventuel futur accord commercial s’apparentera à un accord « mixte », nécessitant l’approbation des 27 gouvernements de l’UE, ou s’il relèvera toujours de la compétence de la Commission. De plus, l’UE fixe les priorités et le calendrier des négociations, alors que les diplomates du Brexit se sont rencontrés mercredi dernier pour un premier séminaire sur les futurs échanges commerciaux.

Les experts de l’UE dans ce domaine, en particulier la nouvelle directrice générale du commerce (et ancienne adjointe de M. Barnier), Sabine Weyand, ont une longueur d’avance sur le Royaume-Uni, où de nouvelles compétences commerciales sont en train d'être remises en fonction. « Sur le plan intérieur, les capacités du gouvernement et du Parlement ne sont pas encore établies de manière cohérente pour gérer toutes ces négociations », a publié David Henig sur Twitter. « L'implication de l'échelon décentralisé est inconnue et les entreprises doivent se préparer à la fois à une absence d’accord commercial et à faire pression pour défendre leurs intérêts dans le cadre d’un accord ».

Selon le groupe de réflexion Eurasia Group, la décision du Royaume-Uni de rejeter les demandes de règles de jeu équitables de l’UE en amont des négociations est susceptible d’entraîner « un accord de libre-échange minimaliste, portant essentiellement sur les marchandises, potentiellement accompagné de droits de douane, et un engagement à poursuivre les négociations sur d’autres sujets ». Et selon Klaas Knot, de la Banque centrale européenne, un Brexit sans accord est toujours possible cette année. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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