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Bulletin Quotidien Europe N° 12399
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Sans extension après 2020 de la période de transition post-Brexit, l'UE et Londres ne pourront pas ficeler toute leur relation future, selon Mme von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a à nouveau mis en garde le Premier ministre britannique, Boris Johnson, mercredi 8 janvier à Londres, à propos du délai très court - 11 mois - dont Londres et l’Union européenne disposeront, à partir de février, pour négocier leur relation stratégique post-Brexit.

Mme von der Leyen a notamment insisté sur le fait qu’il faudra « prioriser » les domaines qui pourront faire l’objet d’un accord, lors d'un discours prononcé à la London School of Economics (LSE). Dans cette fenêtre d’à peine 11 mois, « sans extension de la période de transition » post-Brexit, il ne sera « pas possible d’avoir un accord sur chaque aspect » de cette future relation qui doit couvrir le commerce, la sécurité, les affaires étrangères, les relations culturelles, les transports ou encore le domaine de la pêche...

La période de transition post-Brexit et de négociation de la relation stratégique entre le Royaume-Uni et les Vingt-sept commencera le 1er février, lorsque les parlements britannique et européen (lors dans la mini-session plénière du 29 janvier pour le PE) auront ratifié l’accord de retrait acté en octobre (EUROPE 12351/2).

À Londres, avant qu'elle ne rencontre Boris Johnson plus tard dans la journée, accompagnée de Michel Barnier, le négociateur de l'UE, la présidente de la Commission a réitéré son désir que les deux partenaires restent très proches, même si ce partenariat ne pourra pas être aussi « étroit qu’avant ». Et plus le Royaume-Uni voudra s'affranchir des normes européennes, plus ce partenariat sera « distant », a-t-elle ajouté.

Malgré ces avertissements, Mme von der Leyen a livré un discours très chaleureux envers le Royaume-Uni et les Britanniques, dont elle a salué la contribution précieuse sur plus de 45 ans d’appartenance à l’UE. Étudiante à la LSE pendant un an, je suis tombée « amoureuse » du pays et des habitants, a-t-elle assuré. Et elle s’est dite convaincue que les deux partenaires continueront de partager les mêmes valeurs une fois le pays redevenu un pays tiers, tant dans les domaines culturels et scientifiques que géopolitiques.

Reprise des débats au Parlement britannique sur l'accord de retrait

La visite de Mme von der Leyen a coïncidé avec la reprise, à la Chambre des communes, des débats sur l’accord permettant un retrait ordonné du Royaume-Uni de l'UE tel que renégocié par Boris Johnson.

Cet accord confirme les droits post-Brexit des citoyens européens résidant au Royaume-Uni et des citoyens britanniques résidant dans l'UE, organise un protocole spécial pour l’Irlande du Nord et règle les arrangements financiers. Il a reçu un premier feu vert des députés britanniques le 20 décembre (EUROPE 12395/4).

Soumis à la question sur plusieurs aspects de cet accord, le gouvernement britannique a, entre autres, à nouveau répété que des contrôles seront nécessaires entre l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.

De leurs côtés, des experts nationaux se sont réunis à Bruxelles, en matinée, au sein d'un groupe de travail en format 'article 50', au cours duquel un point sur le calendrier a été fait, notamment sur les prochaines étapes au parlement britannique. Il n'y a pas eu de discussion de substance.

Andrej Plenković cible le commerce et la pêche comme dossiers sensibles

Mercredi, à Zagreb, le Premier ministre croate, Andrej Plenković, dont le pays assure la présidence du Conseil de l’UE depuis le 1er janvier, a estimé qu’il fallait mener les négociations avec le Royaume-Uni d’une manière « globale, inclusive, mais réaliste ».

Interrogé sur les domaines prioritaires qui devront faire l'objet d'un accord d'ici fin 2020, il a cité le commerce et la pêche, même si ce dernier sujet ne concerne pas son pays. « Ces deux sujets semblent importants pour achever un ‘level playing field’(sic) entre nos sociétés », a-t-il déclaré devant un groupe de journalistes basés à Bruxelles, dont EUROPE.

Le Premier ministre croate a expliqué qu'une liste de sujets prioritaires avait déjà été discutée avec M. Barnier. Néanmoins, il a ajouté qu’un « débat sur le mandat de négociation (semblait) ouvert ».

Pour M. Plenković, il faut commencer le processus dès que possible. Il s'est dit convaincu que l’Allemagne, qui assumera la présidence du Conseil de l’UE au second semestre 2020, fera « de son mieux pour conclure les travaux ». (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant)

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