La Commission européenne a fait le point de la situation en Irak et évalué l'impact sur les intérêts européens de la crise aigüe opposant les États-Unis à l'Iran, mercredi 8 janvier, à l'issue d'une réunion extraordinaire du Collège des commissaires européens.
Nous avons « analysé les conséquences potentielles de la crise actuelle sur l'Union européenne », a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors d'un point presse avant son départ pour Londres (voir autre nouvelle). Elle a mentionné des domaines tels que « le transport, l'énergie, le voisinage, la migration, ainsi que le développement économique et les efforts de stabilisation et de reconstruction » que l'UE entreprend dans la région. L'implication européenne sur le terrain fait que « sa voix est entendue », a-t-elle estimé.
La commissaire aux Transports, Adina-Ioana Vălean, a notamment été chargée d'analyser l'impact de la situation et de faire rapport au Collège. Sont concernés le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et le trafic aérien au-dessus de l'Irak et de l'Iran. Plusieurs compagnies aériennes européennes, comme Air France, ont annoncé qu'elles ne survoleraient plus ces deux pays, après le crash d'un avion ukrainien près de Téhéran. Une telle décision est du ressort national, a souligné la Commission, mentionnant le rôle de coordination de l'Agence européenne de la sécurité aérienne.
Lors du même point presse, le Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a rappelé que l'UE et l'Irak avaient signé il y a un an et demi un accord de partenariat ayant ouvert la voie à des programmes financés par le budget de l'UE (EUROPE 12055/8).
Les deux personnalités politiques ont exhorté les parties à reprendre le dialogue pour apaiser les tensions croissantes au Moyen-Orient, alors que les Iraniens ont procédé à des tirs de missiles sur des bases accueillant des soldats de la coalition internationale en Irak. Elles ont promis de n'épargner aucun effort pour maintenir en vie l'accord sur le nucléaire iranien, malgré les récentes annonces des autorités iraniennes.
« L'usage des armes doit cesser immédiatement pour laisser la place au dialogue », a estimé Mme von der Leyen.
« Les dernières attaques de missiles sur des bases aériennes utilisées par les États-Unis et les forces de coalition, parmi lesquelles des forces européennes, constituent un nouvel exemple d'escalade et de confrontation accrue. Il n'est dans l'intérêt de personne d'intensifier la spirale de la violence », a estimé M. Borrell.
Mercredi, les chancelleries allemande, française et britannique ont condamné l'attaque iranienne visant à venger l'assassinat du général Soleimani par les États-Unis.
Le Haut Représentant a rappelé la tenue d'un Conseil 'Affaires étrangères', vendredi 10 janvier, qui fera le point sur la situation en Irak et en Libye (voir autre nouvelle et EUROPE 12397/1, 12398/2).
La veille, la commission des affaires étrangères du Parlement européen débattra à huis clos du conflit américano-iranien avec la secrétaire générale du Service européen pour l'action extérieure, Helga Schmid. Jeudi, la conférence des présidents des groupes politiques du PE décidera aussi d'inscrire ce dossier à l'ordre du jour de la prochaine session plénière (13-16 janvier), avec l'adoption d'une résolution spécifique, sur la base d'une demande du groupe Verts/ALE. (Mathieu Bion)