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Bulletin Quotidien Europe N° 12397
ACTION EXTÉRIEURE / Iran

Réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères ce vendredi

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, lundi 6 janvier, avoir convoqué, pour le vendredi 10 janvier, un Conseil 'Affaires étrangères' destiné à discuter des « récents développements concernant l'Irak et l'Iran ». « L'UE jouera pleinement son rôle dans la recherche de l'apaisement des tensions dans la région », a-t-il ajouté. 

Les tensions sur le terrain ne cessent de monter. Lundi, l’Iran a annoncé qu’il allait lever toute limite à son équipement en centrifugeuses utilisées pour la production de combustible nucléaire, en violation de l’accord sur le nucléaire iranien (plan d’action conjoint ou JCPOA). La veille, le président américain, Donald Trump, avait menacé de bombarder des sites en Iran et deux roquettes se sont abattues à proximité de l’ambassade américaine à Bagdad.

Plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, avait annoncé avoir « suggéré à Josep Borrell d'avancer la réunion du Conseil 'Affaires étrangères' (prévue le 20 janvier, NDLR) à cette semaine, afin que nous puissions nous mettre d'accord rapidement sur une approche commune ». « Au vu de la dangereuse escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran, l'Europe en particulier a désormais un rôle important à jouer. En tant qu'Européens, nous disposons de canaux de communication solides et éprouvés vers toutes les parties et nous devons les utiliser pleinement dans cette situation », avait-il expliqué dans son communiqué.

Lundi 6 janvier, selon le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Peter Stano, le Haut Représentant multipliait les contacts. « Il y a beaucoup d’activités en cours sur comment l’UE peut contribuer à la désescalade », a-t-il expliqué à la presse. « Le Haut Représentant est très engagé, en contact avec tous les partenaires concernés », a-t-il ajouté. 

Si M. Stano a refusé de dire si M. Borrell s’était entretenu avec le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, le Service européen pour l’action extérieure a, par contre, communiqué sur la conversation entre le Haut Représentant et le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, sur « les récents développements en Irak, la nécessité d'une désescalade des tensions dans la région et l'importance de préserver le JCPOA ».

Inquiet de l’augmentation des « affrontements violents en Irak », y compris l'assassinat du général Qassem Soleimani, M. Borrell a « exhorté l'Iran à faire preuve de retenue et à envisager soigneusement toute réaction pour éviter une nouvelle escalade », selon un communiqué du SEAE. Il a aussi invité M. Zarif à venir à Bruxelles pour continuer à discuter sur cette question. « Il y a une compréhension mutuelle que l'engagement devrait se poursuivre, mais c'est aux Iraniens de nous faire savoir comment ils veulent procéder », a précisé M. Stano.

De leur côté, la chancelière allemande, le président français et le Premier ministre britannique ont affirmé, dans un communiqué commun, être « prêts à poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes afin de contribuer à l’apaisement des tensions et au rétablissement de la stabilité dans la région ». « La désescalade est maintenant nécessaire. Nous appelons toutes les parties à agir avec retenue et responsabilité. Le cycle actuel de violences en Irak doit s’arrêter », ont-ils ajouté, appelant l’Iran à s’abstenir de toute action violente.

Ces dernières heures, publiquement, le Haut Représentant s’est concentré sur l’accord sur le nucléaire iranien. Dans un message sur Twitter, il a dit « regretter » l’annonce iranienne. « Comme toujours, nous nous appuierons sur la vérification de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) » concernant les faits sur le terrain. « La mise en œuvre complète de l’accord nucléaire par tous est maintenant plus importante que jamais pour la stabilité régionale et la sécurité mondiale. Je continuerai à travailler avec tous les participants sur la voie à suivre », a prévenu M. Borrell. Les dirigeants français, allemand et britannique ont pour leur part demandé « instamment » à Téhéran de « revenir en pleine conformité avec ses engagements dans le cadre du JCPOA ».

Par ailleurs, interrogé par EUROPE sur la poursuite de la mission de conseil de l’UE en Irak (EUAM Irak), alors que l’OTAN a suspendu sa mission de formation sur le terrain, M. Stano a précisé que l’UE n’avait « à ce stade » pas pris de décision quant aux activités de l’UE dans le pays. « Nous analysons la situation, car, en fin de compte, il s’agit de la sécurité de notre personnel », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)

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