L'élection du président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, dimanche 5 janvier, a été marquée par les tentatives du pouvoir chaviste d'empêcher Juan Guaidó, président sortant, de reprendre les rênes de l'institution, la seule à être contrôlée par l'opposition à Nicolás Maduro.
Les députés antichavistes et Juan Guaidó lui-même, ainsi que des journalistes, se sont notamment vu refuser l'entrée au Parlement.
Un vote formel, qui a permis la réélection de M. Guaidó, s'est finalement tenu au siège du quotidien d’opposition El Nacional. Quelques heures plus tôt, le député Luis Parra avait profité de l'absence d'une majorité des membres de l'opposition dans l'hémicycle pour s'autoproclamer président de l'Assemblée.
Le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a déploré des « irrégularités et des actes graves contre le fonctionnement démocratique et constitutionnel de l'Assemblée nationale ».
Le porte-parole du SEAE a estimé, dans un communiqué, que de telles irrégularités ne peuvent garantir un processus électoral valide et ne font qu'accentuer la crise vénézuélienne. « Par conséquent, l'UE reconnaît Juan Guaidó comme le président légitime de l'Assemblée nationale jusqu'à ce qu'une élection puisse avoir lieu dans des conditions appropriées », a-t-il précisé.
Le SEAE juge par ailleurs « le respect des institutions et des principes démocratiques ainsi que le maintien de l'État de droit » essentiels pour un dénouement « pacifique et durable » de la crise au Venezuela.
L'Union se dit prête à soutenir un processus fondé sur des élections crédibles et transparentes, afin de parvenir à une résolution pacifique et démocratique de la crise. « L'UE réaffirme sa volonté de contribuer activement à la réalisation de cet objectif », rapporte le SEAE. (Agathe Cherki - stage)