Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé, lundi 15 juin, que l'engagement au partenariat transatlantique était « plus fort que jamais » (as strong as ever), à l’issue d’une visioconférence d’une heure et demie entre les ministres des Affaires étrangères européens et le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo (EUROPE 12464/1).
« Les relations transatlantiques sont un des piliers essentiels de l’ordre mondial », a-t-il expliqué devant les médias, ajoutant que la visioconférence avait permis de réaffirmer l’engagement dans la coopération transatlantique.
Lors de leur discussion, les Européens et leur homologue américain ont notamment évoqué la Chine et son « affirmation croissante » sur de nombreux fronts. Un sujet qui pourrait faire l'objet d'un renforcement du partenariat transatlantique, selon le Haut Représentant. « Il y a des questions auxquelles nous sommes confrontés ensemble dans nos relations avec la Chine et pour lesquelles il est très important que nous coopérions étroitement pour les aborder. Cela inclut, bien sûr, la situation à Hong Kong », a expliqué M. Borrell. Il a suggéré la création d’un dialogue bilatéral distinct axé sur la Chine et les défis que « ses actions et ses ambitions » représentent pour les États-Unis et l'UE, afin de trouver un terrain d'entente pour défendre les valeurs et intérêts communs.
Autre sujet de discussion lors de la rencontre : le Partenariat oriental, alors que l’UE tiendra son sommet UE-Partenariat oriental ce jeudi. Là encore, « le solide partenariat entre l'UE et les États-Unis restera crucial, notamment en ce qui concerne l'Ukraine », a estimé le chef de la diplomatie européenne.
En lien avec ces deux sujets, M. Borrell a souligné qu'Européens et Américains partageaient le défi de la désinformation, annonçant qu'ils avaient convenu d'examiner les moyens de renforcer leur partenariat pour répondre à ce problème croissant.
La relation reste cependant compliquée, à l’image du processus de paix au Proche-Orient, qui a fait l'objet d'une discussion avec M. Pompeo. Le Haut Représentant a rappelé que le plan américain avait créé une certaine dynamique pouvant être utilisée pour lancer des efforts internationaux sur la base des paramètres existants convenus au niveau international, mais il a souligné que le même plan américain ne suivait pas ces paramètres. Selon M. Borrell, M. Pompeo a pris « bonne note » des remarques européennes et des différents points de vue des Européens.
Autre sujet de discorde : la coopération avec l'Organisation mondiale pour la Santé en période de Covid-19. Ainsi, M. Borrell a insisté sur la nécessité d’une coopération internationale, regrettant l’annonce des États-Unis de leur retrait de l’OMS et espérant que cette décision soit réexaminée. « Les problèmes mondiaux nécessitent des solutions mondiales et des outils multilatéraux », a rappelé le Haut Représentant.
À l'heure où nous mettions sous presse, M. Pompeo ne s'était pas encore exprimé sur sa réunion avec ses homologues européens. (Camille-Cerise Gessant)