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Bulletin Quotidien Europe N° 12498
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / Bce

L'institut monétaire pourrait augmenter ses acquisitions de titres souverains en réponse à la pandémie de Covid-19

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) devrait s'interroger, jeudi 4 juin, sur la nécessité d'amplifier son opération PEPP de rachat massif de dette publique de pays de la zone euro lancée mi-mars pour garantir la stabilité financière en réponse à la pandémie de Covid-19 (EUROPE 12450/6).

Selon les premiers chiffres dévoilés par l'institut monétaire, la BCE avait racheté sur les marchés secondaires 234,7 milliards d'euros de titres souverains au 29 mai, soit presque un tiers de l'enveloppe totale de 750 milliards dédiée alors que l'opération PEPP durera au moins jusqu'à fin 2020.

Contrairement à l'opération précédente Quantitative Easing, la BCE s'est affranchie de la règle auto-imposée visant à acquérir des titres souverains conformément à la clé de répartition de son capital. Ainsi, 42 milliards d'euros de dette publique italienne ont été rachetés - un niveau bien supérieur à sa part relative dans le capital de la BCE - et seulement 23,6 milliards de dette publique française.

Ces achats ont contribué à maintenir à un niveau très bas les taux d'intérêt sur les titres souverains des pays de la zone euro, évacuant à ce stade tout risque de crise de la dette souveraine alors que les Dix-neuf vont massivement s'endetter pour faire repartir leur économie que le coronavirus a paralysée pendant deux mois.

Jeudi, la BCE dévoilera aussi de nouvelles données macroéconomiques pour la zone euro qui justifient sa politique très accommodante. Sa présidente, Christine Lagarde, a déjà évoqué une récession située dans une fourchette entre 8 et 12% du PIB pour 2020 et, en mai, l'inflation a chuté à 0,1% en raison d'une forte baisse des prix de l'énergie.

Mme Lagarde sera certainement interrogée sur la position de l'institution européenne, à qui la Cour constitutionnelle allemande a donné trois mois pour répondre à un arrêt contestant à la fois le caractère proportionné du Quantitative Easing, dont les modalités sont plus rigides que l'opération PEPP, et la primauté du droit de l'UE sur le droit national (EUROPE 12480/17).

D'autres questions devraient concerner l'action de l'institut de Francfort en faveur de la lutte contre les dérèglements climatiques, l'un des thèmes phares de la révision de la politique monétaire actuellement mise en parenthèse.

Dans un rapport publié mercredi, l’ONG Greenpeace est montée au créneau. Selon elle, dans le cadre de sa réponse à la pandémie, la BCE a acquis, entre la mi-mars et la mi-mai, 7,6 milliards d’euros d'obligations d’entreprises actives dans les énergies fossiles, telles que Shell, Total ou Eni, contribuant ainsi à l'émission de 11,2 millions de tonnes de carbone dans l'atmosphère.

Contactée par EUROPE, la BCE n’a pas confirmé ces chiffres, soulignant que cette estimation repose sur un calcul de Greenpeace. Elle a fait valoir qu’elle achète également beaucoup de titres d'entreprises impliquées dans la préservation du climat.

Voir le rapport de Greenpeacehttps://bit.ly/2Buyrvg  (Mathieu Bion et Damien Genicot)

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