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Bulletin Quotidien Europe N° 12498
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POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

Les coupes budgétaires proposées par la Commission européenne inquiètent au PE

Les propositions budgétaires avancées, mercredi 27 mai, par la Commission européenne, qui abaisse à 14,8 milliards d’euros le budget du Programme spatial de l’Union européenne (contre les 16 milliards d’euros initialement proposés), inquiètent au sein du Parlement européen, notamment l’eurodéputé français Christophe Grudler (Renew Europe, coordinateur ITRE).

Certes, comme le fait remarquer à EUROPE l’eurodéputé, le budget proposé est en hausse par rapport à celui avancé en début d’année par le président du Conseil européen, Charles Michel, qui proposait 12,7 milliards d’euros (EUROPE 12409/8).

Mais cela reste « un très mauvais calcul de faire des économies sur le dos de l’espace à l’heure où, en sortie de crise, la Commission fait de l’autonomie stratégique de l'Union une priorité » confie M. Grudler. « Revoir à la baisse le budget dans le domaine spatial, c’est acter notre dépendance vis-à-vis des États-Unis, de la Chine ou d’autres », a-t-il mis en garde, avant d’ajouter que le Parlement européen allait tout faire « pour aller chercher le milliard, voire les deux milliards manquants » (le Parlement européen avait proposé 16,9 milliards d’euros – EUROPE 12142/7).

Une autre source européenne s’est interrogée sur la manière dont la Commission comptait procéder aux coupes budgétaires : serait-ce de manière linéaire, soit une coupe d’environ 7% sur tous les programmes spatiaux européens (Copernicus, Galileo et EGNOS, GovSatCom et SSA) ou tout l’effort d’économie se porterait-il sur un programme en particulier, vraisemblablement GovSatCom, le projet de télécommunications cryptées par satellite à des fins gouvernementales ? L’Allemagne, qui s’apprête à reprendre la Présidence du Conseil de l’UE, n’a jamais montré un grand enthousiasme pour le projet et pourrait bien proposer des coupes drastiques sur ce programme.

Dernièrement, le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, a insisté sur la nécessité d’aider le secteur spatial, qui a également été touché par la crise de la Covid-19, par le biais du Fonds de relance (EUROPE 12496/7).

Le problème, nous explique-t-on, c’est que le secteur spatial est une activité économique qui génère peu de bénéfices (aux alentours de 2%). Partant, il lui est difficile d’obtenir de la part de ses actionnaires l’autorisation d’emprunter.

L’une des solutions serait de consolider considérablement les commandes institutionnelles pour poser le secteur sur un socle solide, « à l'instar de ce que font toutes les grandes puissances spatiales ». Le modèle commercial « Business-to-Business » promu par la Commission (où l’industrie est invitée à proposer des services plutôt que des infrastructures), bien qu’intéressant, ne pourra à lui seul, compenser la faiblesse du marché institutionnel européen, ajoute notre source. (Pascal Hansens)

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