Les députés de la commission du contrôle budgétaire du Parlement européen ont appelé, jeudi 7 mai, le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, à ne pas participer aux négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE pour 2021-2027 tant que la lumière ne sera pas faite sur son possible conflit d’intérêts.
En mission à Prague en février dernier pour enquêter sur de possibles conflits d'intérêts impliquant M. Babiš, six députés de cette commission avaient fait état de témoignages inquiétants (EUROPE 12436/20).
Monika Hohlmeier (PPE, allemande), la présidente de cette commission, a déclaré jeudi : « Nous avons procuré des informations très précieuses à la Commission européenne ». La mission a permis de constater la difficulté de réaliser un « audit global » de toutes les transactions depuis l’octroi de fonds communautaires jusqu’au versement aux bénéficiaires, a-t-elle ajouté. « Si l’intéressé ne se manifeste pas, il n’y a pas de conflit d’intérêts », ont répondu les interlocuteurs tchèques aux demandes des députés.
Le Premier ministre tchèque ne devrait pas pouvoir continuer à contrôler un groupe comme Agrofert et recevoir parallèlement d’importantes subventions européennes, soulignent les députés.
Si un potentiel conflit d’intérêts était confirmé, la personne devrait le résoudre soit en vendant ses intérêts commerciaux, soit en cessant de recevoir toute subvention publique ou financement, soit en démissionnant de son poste de Premier ministre, ont affirmé les députés. (Lionel Changeur)