login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12482
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / SantÉ

Le mécanisme européen permettant l'achat en commun de matériel contre le Covid-19 est sous-utilisé, selon Stella Kyriakides

À la suite de la conférence des donateurs organisée en début de semaine, les ministres européens de la Santé ont discuté, jeudi 7 mai, de la voie à suivre pour aboutir à des vaccins contre le Covid-19 qui soient accessibles et sûrs. Cet échange a également permis à la commissaire Stella Kyriakides de reprocher aux États membres la sous-utilisation de la procédure européenne d'achat en commun. 

Si plusieurs procédures de négociation avec l'industrie ont été lancées depuis le début de la pandémie, deux ont été menées à leur terme par la Commission européenne. L'une concerne les équipements de protection individuelle et l'autre les respirateurs. Cette procédure permet aux États membres de bénéficier de conditions plus intéressantes que s'ils avaient négocié seuls. 

Malgré le travail réalisé par l'institution, qui a permis de sécuriser l'accès à ces équipements à hauteur de 3 milliards d'euros, « nous avons reçu des informations selon lesquelles très peu de commandes ont été passées à ce jour ». « De notre côté, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour finaliser ces achats le plus rapidement possible et je vous exhorte vraiment tous maintenant à franchir la dernière étape et à passer vos commandes », a lancé la commissaire Kyriakides. 

Un plan UE de vaccination

La visioconférence ministérielle, organisée une fois par semaine, était ici consacrée à la recherche d'un vaccin. Lundi 4 mai, la Commission avait en effet obtenu des promesses de dons pour financer la recherche d'un vaccin d'un montant de 7,4 milliards d'euros. 

Lors de son intervention, Stella Kyriakides a identifié une série de défis à surmonter « avant de pouvoir garantir un accès généralisé à un vaccin efficace ». Elle a notamment évoqué le besoin d'identifier et de soutenir financièrement les candidats vaccins les plus prometteurs. Elle a aussi parlé de la nécessité de mettre sur pied une infrastructure appropriée pour les essais cliniques (notamment via un réseau européen d'essais cliniques) et d'accélérer la procédure d'autorisation de mise sur le marché du produit, sans sacrifier sa sécurité ni son efficacité. Enfin, elle a mis en avant la nécessité, une fois qu'un vaccin serait autorisé, d'en sécuriser l'accès et d'envisager un soutien public en vue d'en accroître la production en Europe.

« Ces défis ne peuvent être relevés si vous agissez seuls. Cependant, si nous coordonnons cela au niveau de l'UE, nous pouvons produire ensemble des solutions plus efficaces », a lancé la commissaire.

Un appel relayé par le groupe S&D au Parlement

Cet appel en faveur de davantage de coordination européenne a notamment été relayé par le groupe S&D. Dans un courrier adressé aux trois institutions européennes (Parlement, Conseil et Commission), le groupe appelle à la création urgente d'une « Union européenne de la santé ». Les sociaux-démocrates invitent la Commission à proposer des normes minimales européennes communes sur la base de « tests de résistance » (stress tests) de leurs systèmes de santé effectués par les États membres. Ce, afin d'évaluer leur capacité à faire face aux pandémies. L'UE devrait également jouer un rôle plus important dans l'approvisionnement, le stockage et la distribution d'équipements et de médicaments essentiels, estime-t-il. « Si pas maintenant, quand ? », s'interroge le groupe. 

Réorganisation à la Commission

Ce jeudi, la Commission a par ailleurs annoncé la désignation du virologue belge Peter Piot au poste de conseiller spécial sur la réponse au coronavirus et au Covid-19 auprès de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Déjà membre du comité consultatif scientifique auprès de la Commission, cet ancien secrétaire général adjoint de l'ONU a notamment co-découvert le virus Ebola au Zaïre en 1976. Il conseillera la Commission dans le soutien et le pilotage de la recherche et de l'innovation.

Le service du porte-parole de l'institution européenne a par ailleurs annoncé qu'en vertu des mesures prises par la Belgique, des recommandations des autorités sanitaires et de celles émises par ses services médicaux, la Commission continuerait d'encourager le télétravail pour les postes non critiques jusqu'au 25 mai. Le porte-parole Balazs Ujvari a indiqué par ailleurs que, parmi le personnel de l'institution, 61 personnes avaient jusqu'ici été testées positives au Covid-19. (Sophie Petitjean)

Sommaire

RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES