Le groupe PPE au Parlement européen a menacé, jeudi 7 mai, d'opposer son veto au cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2021-2027 de l’Union européenne si le plan européen de relance est mis en place en dehors du contrôle démocratique du PE.
Le président du groupe, l'Allemand Manfred Weber, et le vice-président, le Roumain Siegfried Mureșan, ont écrit une lettre en ce sens à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au président du Conseil européen, Charles Michel. Le plan de relance « ne peut faire exception à cette règle fondamentale de démocratie et de légitimité », écrivent-ils.
Le groupe PPE ne donnera son accord que si le CFP et les propositions sur le plan de relance respectent des critères fondamentaux, parmi lesquels « un plan de relance massif, entièrement lié au CFP », précise la lettre.
La Commission envisagerait de proposer un plan de relance fondé sur un article des traités de l'UE qui ne nécessiterait pas l'approbation du Parlement (EUROPE 12480/3).
Le PE doit être impliqué, selon le président du groupe Renew Europe, le Roumain Dacian Cioloș. Devant la presse, il a lui aussi estimé que le Parlement devait être impliqué, tant pour le CFP que pour le plan de relance. Selon lui, le PE ne doit pas seulement être consulté, il doit faire partie de la procédure.
Pour M. Cioloș, le futur plan de relance européen ne devrait pas uniquement se traduire par de « l’argent frais pour les États membres ». Il devrait aussi fournir des orientations sur la stratégie industrielle et les secteurs stratégiques pour l’Union. Il a aussi prôné la création de nouvelles ressources propres pour l'UE.
La semaine prochaine, le PE tentera d'adopter une résolution commune sur le plan de relance et sur son lien avec le CFP.
Voir la lettre du groupe PPE : https://bit.ly/3cgAosw (Lionel Changeur)