En mission à Prague pour faire la lumière sur les possibles conflits d'intérêts impliquant le Premier ministre, Andrej Babiš, les six députés de la commission du contrôle emmenée par Monika Hohlmeier (PPE, allemande) ont fait état de témoignages inquiétants (EUROPE 12267/4).
Nous avons décelé « certains problèmes dans l’interprétation juridique de la notion de conflit d’intérêts et dans la distribution de fonds européens à certains projets lorsqu’il y a un possible conflit d’intérêts », a indiqué la présidente de la commission parlementaire, dans un communiqué.
Elle a dit aussi avoir entendu des « témoignages inquiétants de la société civile concernant des irrégularités dans l'utilisation des fonds de l'UE en République tchèque ». Et d'ajouter : « Nous avons entendu des petits agriculteurs qui partageaient une autre réalité quotidienne de l'utilisation des subventions de l'UE, des exploitations agricoles obtenant plusieurs subventions pour une seule entreprise ».
Membre de la délégation, Daniel Freund (Verts/ALE, allemand) a fait état de « documents des ministères tchèques contenant des instructions claires de ne pas vérifier des conflits d'intérêts liés à Agrofert », une société appartenant au Premier ministre tchèque et ayant bénéficié de fonds européens. Alors que la Commission européenne « a gelé » les versements directs vers Agrofert, il n'est pas clair si le gouvernement tchèque a fait de même sur ses propres fonds nationaux, a-t-il ajouté.
D'après M. Freund, la situation est de plus en plus intenable pour M. Babiš, qui continue de participer, au Conseil européen, aux négociations sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027.
Le PE prévoit de voter le 11 mars une résolution sur la « réouverture de la procédure à l'encontre du Premier ministre de la République tchèque pour utilisation abusive des fonds européens et conflits d'intérêts potentiels ».
Selon des informations parues dans les médias tchèques, Andrej Babiš, aurait décidé de ne pas rencontrer les députés de la commission du contrôle budgétaire en visite dans la capitale tchèque. Le PE a demandé en janvier de mettre fin au conflit d’intérêts impliquant M. Babiš, qui se serait enrichi grâce aux fonds agricoles et de cohésion de l'UE (EUROPE 12393/5). (Lionel Changeur)