La coopération internationale et le multilatéralisme sont le fondement de la contribution de l’UE à la réponse internationale à la pandémie mondiale de Covid-19, réaffirme la Commission dans une communication adoptée mercredi 8 avril, détaillant l’approche retenue par l'UE pour garantir le succès de cette lutte qu'aucun pays ou bloc régional ne peut affronter seul.
Dans ses relations avec les pays partenaires, l'UE concentrera son aide sur les conséquences humanitaires, sanitaires, sociales et économiques de la crise et son soutien visera tant les besoins urgents à court terme que les effets structurels à plus long terme sur les sociétés et les économies, réduisant ainsi le risque de déstabilisation, souligne la Commission.
« Nous allons nous concentrer sur les pays les plus touchés qui ont besoin d'une aide sanitaire, comme les pays d'Afrique, du voisinage, des Balkans occidentaux, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, certaines parties de l'Asie, de l'Amérique latine et des Caraïbes », précise l'institution. L'accent sera mis sur les personnes les plus vulnérables.
L'action de l'UE se concentrera sur la réponse à la crise sanitaire immédiate et aux besoins humanitaires qui en découlent, sur le renforcement des systèmes de santé, d'eau et d'assainissement des pays partenaires et de leurs capacités de recherche et de préparation pour faire face à la pandémie, ainsi que sur l'atténuation de l'impact socioéconomique de la crise.
15,6 milliards € d'aide européenne. La Commission confirme l'annonce faite la veille par la présidente, Ursula von der Leyen, que l'UE est prête à mobiliser 15,6 milliards d'euros pour aider les pays partenaires touchés par la pandémie à y faire face, en particulier en Afrique, en réorientant l'aide prévue pour la cibler sur cette priorité (EUROPE 12463/7). Ces fonds proviendront des ressources existantes dévolues à l'action extérieure de l'UE.
La majorité de l'enveloppe ira au soutien pour faire face aux conséquences sociales et économiques immédiates (12,28 milliards d'euros). Il s’agit, entre autres, de fournir un appui budgétaire direct et un financement concessionnel aux pays en développement pour les aider à adopter des réformes pour leur développement socioéconomique et des mesures pour protéger les travailleurs pendant la crise. Il s'agit aussi de mobiliser l'instrument d'assistance macrofinancière (AMF) pour les Balkans occidentaux et les pays voisins confrontés à une crise de la balance des paiements, en tandem avec le soutien du Fonds monétaire international (FMI).
Répartition par zone géographique : sur les 15,6 milliards €, 3,25 milliards sont destinés à l'Afrique, dont 1,19 milliard pour les pays voisins d'Afrique du Nord.
3,8 milliards € sont pour l'ensemble du voisinage - 2,1 milliards € pour le Sud et 962 millions € pour les pays partenaires de l'Est - et 800 millions € pour les Balkans occidentaux et la Turquie.
Est aussi prévu 1,42 milliard € de garanties pour l'Afrique et les pays du voisinage provenant du Fonds européen pour le développement durable (EFSD).
L'UE soutiendra l'Asie et le Pacifique à hauteur de 1,22 milliard €, de 291 millions € supplémentaires pour la région Afrique/Caraïbes/Pacifique (ACP), de 918 millions € pour les pays d'Amérique latine et des Caraïbes et de 111 millions € pour les pays et territoires d'outre-mer (PTOM)
Mise en œuvre du soutien à la réponse d'urgence mondiale. 502 millions € sont dévolus à l'action de l'UE, qu'il s'agisse du plan de réponse de l'OMS, d'aide humanitaire aux pays, de soutien aux efforts mondiaux pour lutter contre les restrictions aux exportations, de soutien à la recherche, etc.
2,8 milliards iront au renforcement des systèmes de santé, d'eau et d'assainissement, ainsi que des capacités de recherche des partenaires.
La Commission annonce une initiative de l'UE pour la sécurité sanitaire avec le Centre européen de contrôle des maladies (ECDC) de 6 millions €. Le programme, qui démarrera au second trimestre 2020, couvrira les 23 pays du voisinage et de l'élargissement.
Elle va inviter les Balkans occidentaux à adhérer à l'accord sur les marchés publics communs de l'UE afin de leur permettre de participer aux procédures pour l'achat en commun d'équipements médicaux et étendre le système européen d'alerte rapide pour les maladies transmissibles à ces pays.
Une conférence des donateurs. La Commission est prête à organiser « bientôt une conférence virtuelle des donateurs », rappelle la présidente, Ursula von der Leyen, dans un communiqué. Cela, afin de combler le déficit de financement actuel (7,5 milliards d'euros) identifié par le Conseil mondial de suivi de la préparation.
Pour consulter la communication en ligne : https://bit.ly/39SMVAr (Camille-Cerise Gessant et Aminata Niang)