Dans ses prévisions annuelles, publiées mercredi 8 avril, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) table sur une baisse des échanges mondiaux comprise entre 13% et 32% en 2020, selon ses scénarios de sortie de crise sanitaire du Covid-19.
Une contraction du commerce sans doute supérieure à celle causée par la crise financière de 2008.
« Les chiffres sont mauvais, c'est indéniable », a admis le directeur général de l’Organisation, Roberto Azevêdo, le même jour, lors d’une visioconférence de presse. Mais il veut croire qu’une relance rapide et inclusive est possible. L'OMC souligne que les circonstances de ces deux crises sont différentes, car il s’agit ici avant tout de chocs sur l'offre et la demande de produits.
Coordonner la relance
S’appuyant sur les leçons de la crise de 2008, le chef de l’organisation multilatérale estime que la politique budgétaire, la politique monétaire et la politique commerciale doivent toutes aller dans la même direction pour relancer l’économie. « Les mesures de relance, si elles sont bien coordonnées, peuvent fonctionner », estime le directeur général, prévenant que « les décisions prises aujourd'hui détermineront la forme de la reprise et les perspectives de croissance mondiale ».
« Si les pays travaillent ensemble, nous assisterons à une reprise beaucoup plus rapide que si chaque pays faisait cavalier seul », a ajouté M. Azevêdo, qui met également en garde contre toute velléité protectionniste. Plutôt que d'ériger des barrières commerciales, il appelle les pays à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement et à aider les pays en développement à sortir de la crise.
Des chiffres déjà plombés en 2019
Les chiffres des échanges commerciaux de 2019 étaient déjà déprimés avant la pandémie à cause des tensions commerciales et du ralentissement de la croissance économique, a également souligné M. Azevêdo. L’occasion, donc, de remettre à plat les orientations de politique commerciale pour œuvrer ensemble en faveur d’un commerce durable.
Lire le communiqué détaillé : https://bit.ly/39SIjdL (Hermine Donceel)