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Bulletin Quotidien Europe N° 12464
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / SantÉ

La Commission reporte la présentation de ses orientations pour la levée des mesures de confinement

La réflexion sur une feuille de route de l'Union européenne destinée à baliser la levée des mesures de confinement n'est pas mûre. Alors que la Commission européenne avait annoncé la présentation officielle d'une telle initiative par sa présidente, elle a été forcée de rétropédaler, mercredi 8 avril. Le Collège des commissaires n'a finalement pas adopté de recommandation et s'est borné à un simple échange de vues sur la question. 

« Le calendrier pour l'adoption de notre recommandation est une question délicate dans la mesure où les États membres se trouvent à différentes étapes de la pandémie », a reconnu le porte-parole de l'institution, Eric Mamer, devant la presse. « Nous avons travaillé à une recommandation, mais avons réalisé, après des contacts avec les États membres, que nous avions besoin de plus de temps », a-t-il poursuivi.

Les États membres divisés

Plusieurs États membres, à l'instar de l'Autriche, du Danemark et de la République tchèque, ont annoncé en début de semaine un calendrier pour une levée progressive des mesures de confinement sur leur territoire (EUROPE 12462/5).

Le Danemark est particulièrement ambitieux en programmant la réouverture des jardins d'enfants et des écoles primaires à partir du 15 avril. Ces annonces avaient poussé la Commission à annoncer la publication imminente d'orientations européennes afin d'assurer des mesures « coordonnées, cohérentes et globales ».

Or, cette annonce semble avoir engendré certaines critiques de pays comme la France, l'Italie et l'Espagne, qui souhaitent être davantage impliqués dans le processus (bien qu'il s'agisse pourtant d'une recommandation). Ils craignent en effet que ces orientations donnent un « contre-signal ». En France, par exemple, les premières données montrent un taux d'immunité de la population française au coronavirus plus faible que prévu, autour de 10 à 15%, selon le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. 

L'OMS appelle à ne pas baisser la garde

Interrogé sur ces différences d'approche, le bureau régional de l'Europe de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a d'ailleurs appelé à la plus grande prudence.

« Toute modification de nos stratégies de réponse, d'assouplissement des mesures de confinement ou de distanciation physique nécessite une analyse plus que rigoureuse. Cela ne peut se produire qu'en toute confiance et en sachant où se trouve le virus et comment nos services de santé respectifs y font face », a déclaré son directeur, Hans Kluge.

Selon lui, la priorité devrait être donnée aux campagnes de tests, aux mesures d'isolement en cas de dépistage positif et à l'identification des personnes entrées en contact avec le malade, et ce, afin d'interrompre la chaîne de transmission.

L'initiative simplement « reportée »

La Commission n'a toutefois pas l'intention de renoncer à son initiative, M. Mamer indiquant qu'il ne s'agissait que d'un report. « Nous avons l'intention de procéder à une adoption dans un avenir proche, mais nous restons attentifs aux évolutions qui se présenteront », a-t-il expliqué.

Il a rappelé que l'objectif de l'institution européenne consiste à fournir des orientations aux États membres s'estimant prêts à un assouplissement des mesures de confinement sans donner de fausses impressions aux citoyens européens.

 Lors de leur réunion du 30 mars, les épidémiologues et immunologues du comité scientifique consultatif avaient évoqué parmi les critères à prendre en compte la capacité des services de soins intensifs, l'immunité acquise, le niveau de circulation du virus ainsi qu'un déclin stable du nombre de nouveaux cas et de cas en soins intensifs (EUROPE 12462/5). (Sophie Petitjean)

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