Trois mois après sa prise de fonction, le président du Conseil européen de la recherche (ECR), Mauro Ferrari, a remis sa démission, mardi 7 avril, à la présidente de la Commission européenne.
L’institution, par la voix de son porte-parole en charge de l’Innovation et de la Recherche, a regretté cette décision survenue « à un stade précoce de son mandat et en des temps de crise sans précédent, où le rôle de la recherche européenne est essentiel ».
Dans une déclaration dévoilée par le Financial Times, M. Ferrari se dit « franchement déçu et profondément troublé » par le rejet, à l’unanimité, de sa proposition consistant à mettre en place un programme spécial de lutte contre le Covid-19.
« Nous n'avons pas soutenu une initiative spéciale parce que ce n'est pas de notre ressort », s’est défendu l’ECR dans un communiqué, précisant que « la direction générale de la Recherche et de l'Innovation de la Commission était déjà très active dans le développement de nouveaux programmes visant à soutenir de tels travaux de recherche ».
Le porte-parole de la Commission a, pour sa part, déclaré que les initiatives mises en œuvre dans le cadre du programme 'Horizon 2020' étaient « mieux adaptées pour relever les défis immédiats ».
Les deux institutions ont en outre précisé qu'une motion de censure contre M. Ferrari avait été déposée, dès le 27 mars, par les 19 membres du conseil scientifique de l'ECR. Ceux-ci estimaient que M. Ferrari manquait d’engagement et lui reprochaient sa participation « à de multiples entreprises externes » ainsi qu'à différentes initiatives prises sans consulter le conseil scientifique.
Déplorant « l'absence totale de coordination des politiques de santé » au sein de l'UE, Mauro Ferrari a jugé préférable de « retourner en première ligne de la lutte contre le Covid-19, avec de véritables ressources et des responsabilités ».
Un comité de recherche a été mis en place afin de le remplacer au plus vite, a assuré la Commission. (Agathe Cherki)