Les ministres européens des Affaires étrangères n’ont pas réussi, lors de leur Conseil par visioconférence, lundi 23 mars, à se mettre d’accord sur Irene, la nouvelle mission de contrôle du respect de l’embargo sur les armes à destination de la Libye (EUROPE 12450/21).
« Il y a eu beaucoup de progrès, mais il y a encore quelques questions en suspens », a reconnu le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l’issue de la visioconférence. Lors du Conseil du 17 février, qui avait donné lieu à un accord politique sur le lancement d’une telle mission, M. Borrell avait souhaité qu’un accord sur cette mission fût trouvé lors du Conseil du 23 mars (EUROPE EUROPE 12427/4).
Le Haut Représentant s’est cependant montré optimiste, espérant qu’« avec un peu de bonne volonté des États membres », les dernières divergences puissent être réglées « dans les prochains jours » et la mission lancée à la fin mars, comme il l’avait souhaité en février.
La question du débarquement des migrants, qui pourraient être récupérés par des navires de l’opération, pose toujours problème, selon M. Borrell.
À l’inverse, la question de la clause de repositionnement - appelée aussi ‘mécanisme de rappel’ ('snap back mechanism') - en cas d’afflux de migrants, qui divisait encore les États membres en milieu de semaine dernière, a été réglée avant même le Conseil. « Tous les quatre mois, on regardera s’il y a un effet de 'pull factor', (…) on va surveiller cela de plus près », a expliqué le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, lors d’une conférence de presse virtuelle.
Selon un diplomate, les États membres sont convenus que l’autorisation d’être sur zone pour les navires de la mission serait renouvelée tous les quatre mois, sauf en cas d’effet de ‘pull factor’ (si la mission avait un effet d'appel pour les migrants), effet qui devra être constaté à l’unanimité et qui provoquerait le retrait des navires de la zone en question. (Camille-Cerise Gessant)