Il y a des « moyens » de poursuivre les négociations avec Londres sur la future relation et les deux parties sont d’accord pour que ces échanges continuent, a indiqué jeudi 19 mars le porte-parole de la Commission européenne, Eric Mamer. Et les deux côtés ont d’ailleurs « publié » leur projet d’accord.
Le porte-parole réagissait à l’annonce faite par le négociateur de l’UE, Michel Barnier, de sa contamination au Covid-19, deux jours après l’annulation officielle du second cycle de discussions initialement prévu à Londres entre le 18 et le 20 mars.
« J’ai été testé positif », a annoncé le négociateur en chef de l’UE dans un message vidéo publié sur Twitter, indiquant dans la foulée s’être mis en quarantaine et en confinement, comme le reste de l’équipe de négociation (voir autre nouvelle).
Mercredi après-midi, la Commission a publié officiellement son projet d’accord long de plus de 440 pages et légèrement modifié par rapport au projet qui avait fuité le 13 mars (EUROPE 12446/19), notamment sur la pêche, où le langage européen se veut plus dur en insistant sur le maintien de l’accès réciproque actuel aux eaux.
Londres n’a fait, à ce stade, que transmettre son projet aux équipes de Michel Barnier.
« L’analyse (des deux projets) commence maintenant », a dit M. Mamer. Du côté de Londres, le gouvernement a fait savoir que des échanges auraient lieu à ce sujet la « semaine prochaine ».
Ce projet britannique présente la vision de Londres quant à l’accord de libre-échange, mais contient aussi un projet d’accord sur la sécurité aérienne, le transport aérien et le nucléaire.
Alors que la question de prolonger la période de transition se pose avec la crise du coronavirus, jeudi, le Premier ministre britannique a encore écarté cette éventualité lors d’une conférence de presse, disant que le sujet n’est pas discuté.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a aussi fermé la porte à cette hypothèse. « Il y a beaucoup de possibilités au 21e siècle pour que cela se fasse par téléconférence ou à distance. Nous ne voulons pas étendre. Nous voulons que ce soit fait », a dit le ministre.
Le groupe de réflexion European Policy Center (EPC) à Bruxelles, lui, plaide pour cette extension. Dans une analyse, le directeur exécutif et économiste en chef de l’EPC, Fabian Zuleeg, estime que la « prolongation de la transition ne devrait plus être une question - elle est devenue une nécessité ».
« La crise actuelle a déjà un impact majeur sur les négociations. Techniquement, il pourrait être difficile de débattre et de faire passer un accord, étant donné, par exemple, les contraintes imposées à de nombreuses administrations et parlements. Les déplacements étant limités, il est difficile de voir quand des cycles de négociations complets pourront reprendre. Les installations à distance ne peuvent pas remplacer les multiples échanges qui ont lieu pendant un cycle de négociation et encore moins reproduire les relations personnelles qui font qu'une négociation fonctionne », ajoute le directeur du groupe de réflexion pro-européen.
Lien vers le texte officiel de l'UE : https://bit.ly/395mM0Q et lien vers l'analyse de l'EPC : https://bit.ly/395m2ZC (Solenn Paulic)