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Bulletin Quotidien Europe N° 12450
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RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / DÉmocratie

Un tiers des 86 cas de désinformation russe recensés en une semaine étaient consacrés au Covid-19

Le groupe de travail européen sur la communication stratégique consacré à la Russie (East StratCom Task Force) a indiqué, jeudi 19 mars, avoir dans sa base de données « un rendu assez important de cas de désinformation sur l'épidémie de Covid-19 » depuis qu’un premier cas a été enregistré, fin janvier.

Cette semaine, sur les 86 cas de désinformation recensés, un tiers étaient consacrés au Covid-19, apprend-on dans un article mis en ligne sur le site 'EUvsDisinfo' par cette Task Force du Service européen pour l'action extérieure (SEAE).  

Les « partisans du Kremlin », explique-t-elle, ne cessent de répéter que le virus a été créé au sein de l’OTAN ou en laboratoire. « Cette semaine ne fait pas exception à la règle. Nous retrouvons la même affirmation, avec de légères variations, en russe, en arabe, en italien, en anglais » détaille la Task Force.

Elle précise en outre que les informations sur le virus diffusées par le service espagnol de la chaîne publique russe RT ces derniers jours ont suscité un intérêt particulièrement fort.

Deux tendances se dégagent. Le groupe de travail du SEAE relève quelques différences entre la désinformation ciblant un public russe national et celle s'adressant à un public international.

La première présente essentiellement le virus comme une agression étrangère, issue de Lettonie, des États-Unis ; elle assure que les problèmes liés au Covid-19 touchent principalement des pays étrangers et qu’ils finiront par entraîner l'effondrement de l'UE.

L’approche serait en revanche différente lorsque les organes de désinformation pro-Kremlin ciblent des publics internationaux. L’épidémie est alors décrite en des termes « beaucoup plus sombres et cyniques », analyse la Task Force, et le virus présenté comme une invention des élites mondiales, une arme biologique puissante, un prétexte des industries pharmaceutiques pour augmenter leurs ventes, etc.

« Et puis il y a des affirmations récurrentes selon lesquelles il n'y a pas d'épidémie », ajoute-t-elle, citant South Front, l'un des principaux réseaux de désinformation anglophones en faveur du Kremlin, « qui suggère que tout cela n'est qu'un stratagème du gouvernement italien pour soutirer de l'argent à l'UE et assouplir les règles budgétaires strictes de l'UE ».

Accusations « infondées ». Le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Peter Stano, avait déclaré devant la presse, la veille de la publication de l'article sur 'EUvsDisinfo', que « le nombre de fausses informations, de mensonges purs et simples et de choses fausses » provenant de l'extérieur de l'UE, entre autres de la Russie ou de sources pro-Kremlin, avait augmenté depuis le début de l'épidémie.

« La réponse officielle russe à cela est la distanciation, ils nient », avait-il ajouté.

Pour sa part, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a condamné les affirmations européennes, jeudi 19 mars, et dénoncé, selon l'AFP, « une tentative immorale de masquer via des accusations infondées » l'incapacité de l'UE à lutter contre la pandémie. (Agathe Cherki)

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