Le règlement général pour la protection des données produit des effets collatéraux, met en avant la Confédération européenne des syndicats (CES). Dans un communiqué publié jeudi 19 mars sur son site, elle affirme que ce nouvel outil est utilisé par les employeurs pour « contester les droits des syndicats ».
Après avoir consulté ses affiliés, la CES constate en effet que les employeurs utilisent ces nouvelles règles, applicables depuis le 1er mai 2018, pour empêcher les syndicats de prendre contact avec les travailleurs sur leur lieu de travail.
« L’accès au lieu de travail est un droit syndical fondamental et, en 2020, cela signifie aussi l’accès numérique. Sans lui, les syndicats ne peuvent communiquer aux travailleurs les informations dont ils ont besoin pour négocier collectivement avec les employeurs pour des conditions de rémunération et de travail justes », explique la secrétaire générale adjointe de la CES, Esther Lynch. L'organisation met en avant plusieurs exemples, comme en Espagne où, affirme-t-elle, après la publication du RGPD, de nombreuses entreprises, et même des administrations publiques, refusent de fournir aux syndicats la documentation nécessaire à leurs tâches sous prétexte que les règles de protection des données l’interdisent.
« Cette tendance fait partie d’une attaque plus large contre les droits syndicaux en Europe, qui limite la portée de la négociation collective », déplore la CES, qui invite la Commission européenne à se saisir de cette question dans son initiative pour un salaire minimum équitable. (Sophie Petitjean)