Eu égard au manque d'équipements pour lutter contre le coronavirus dans l'Union européenne, la Commission européenne a proposé, jeudi 19 mars, la création d'une réserve stratégique d’équipements médicaux dans le cadre du mécanisme RescEU de protection civile renforcé de l’UE.
Cette mesure entrera en vigueur dès vendredi 20 mars. Plusieurs pays ont déjà fait savoir qu'ils contribueront à cette réserve sur une base volontaire.
Le stock comprendra des équipements médicaux pour les soins intensifs tels que des respirateurs, des équipements de protection individuelle comme les masques réutilisables, des vaccins, des médicaments et des équipements de laboratoire.
« Nous sommes en train de constituer un stock de l'UE pour obtenir rapidement les équipements nécessaires à la lutte contre le coronavirus. Il servira à soutenir les États membres confrontés à des pénuries de matériel nécessaire pour traiter les patients infectés, protéger les travailleurs médicaux et contribuer à ralentir la propagation du virus. Nous irons de l'avant sans délai », a déclaré le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič.
Le commissaire a reconnu que « tous les pays » avaient été « pris par surprise » par la pandémie de coronavirus, et a estimé qu'il convenait d'en tirer les enseignements. C'est à cela que répond cette nouvelle mesure de solidarité.
Les équipements iront à ceux qui en ont le plus besoin. Le stock sera hébergé par un ou plusieurs États membres. L'État hôte sera responsable de l'acquisition du matériel. La Commission financera 90% du coût de stockage.
« Plusieurs États membres volontaires sont prêts à jouer ce rôle », a indiqué le commissaire.
L'abstention de l'Allemagne à la création de cette réserve ne porte pas sur le fond, mais uniquement sur la procédure, car l'Allemagne souhaite participer au mécanisme RescEU, a-t-il précisé, en rappelant que l'Allemagne a fourni 1 million de masques à l'Italie, qui, comme l'Espagne, a activé le mécanisme de protection civile de l'UE.
Alors que les États membres n'ont déjà pas assez accès aux équipements nécessaires, il ne s'agira pas d'empiéter sur d'autres besoins, mais bien de compléter les efforts déployés pour l'achat en commun d'équipements de protection, de kits de dépistage et de respirateurs.
« L'idée est de prendre des mesures complémentaires, pas de se substituer à ces initiatives », selon M. Lenarčič.
L'attribution des équipements dépendra de l'évaluation des besoins, de la situation du pays demandeur et du nombre total des demandes introduites auprès du mécanisme de protection civile.
Retour d'ascenseur de la Chine. La Chine va fournir à l'UE deux millions de masques chirurgicaux, 200 000 masques N95 et 50 000 kits de tests de dépistage.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l'a annoncé mercredi 18 mars à l'issue de son entretien avec le Premier ministre chinois, Li Keqiang : « En janvier, quand la Chine était l'épicentre de l'épidémie, l'Union européenne a aidé la Chine en faisant don de 50 tonnes d'équipement. La Chine ne l'a pas oublié. Aujourd'hui, nous sommes reconnaissants du soutien de la Chine. Nous avons besoin du soutien des uns et des autres en cas de besoin », a-t-elle déclaré sur son compte Twitter.
Disponibilité des médicaments et recherche de traitement. La Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (EFPIA) se veut rassurante quant à l’impact de la pandémie sur la disponibilité en médicaments non génériques. Selon l’organisation, aucune pénurie n’est à prévoir à court terme.
« Bien que l’offre et la demande varient selon les produits, les membres de l’EFPIA ne sont pas au courant d’un impact significatif à court terme (de la pandémie) sur la disponibilité de nos médicaments et vaccins », a indiqué l'organisation, dans un communiqué.
À plus long terme, les membres de l’EFPIA ne prévoient pas, à ce stade, d'impact négatif sur leurs chaînes d'approvisionnement, à moins que la crise sanitaire ne dure plusieurs mois. « Les chercheurs de toutes nos sociétés membres poursuivront leur quête de diagnostics, de vaccins et de traitements pour faire face à la crise », a assuré l'organisation.
L'OMS, pour sa part, avait annoncé le 18 mars qu’elle avait lancé un projet de recherche de traitement appelé ‘Solidarity’, afin d’éviter que l'on procède à « plusieurs petits essais avec différentes méthodologies ». La France et l’Espagne participent à cette initiative. (Aminata Niang avec Sophie Petitjean)