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Bulletin Quotidien Europe N° 12384
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POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

Bruno Le Maire annonce une décision imminente de la Commission sur les subventions allouées à l’Alliance européenne pour les batteries

La semaine prochaine, la Commission européenne pourrait donner son feu vert à l’allocation de subventions aux projets menés dans le cadre de l’Alliance européenne pour les batteries, a annoncé le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, mercredi 4 décembre. Il prononçait un discours à l’occasion du 60e anniversaire du Comité de liaison de la construction d’équipements et de pièces automobiles (CLEPA), à Bruxelles.

À cette occasion, M. Le Maire a rappelé les projets envisagés afin de permettre la mise en œuvre d’une filière européenne des batteries pour véhicules électriques – filière formellement autorisée par la Commission en mai dernier (EUROPE 12246/9).

Il a notamment confirmé qu’une usine pilote serait ouverte en janvier 2020 dans le sud-ouest de la France. Deux usines devraient ensuite voir le jour : la première en 2022, en France, la seconde en 2024, en Allemagne.

« Nous n’attendons désormais plus que l’approbation de la Commission sur les subventions. Cette décision serait l’une des premières prises par la Commission von der Leyen et constituerait un événement décisif et historique pour cette nouvelle Commission », a déclaré Bruno Le Maire.

La France et l’Allemagne, quant à elles, ont déjà prévu d’investir plus d’un milliard d’euros pour permettre le déploiement de cette industrie en Europe.

Le ministre de l’Économie et des Finances s'est félicité de l'ampleur prise par ce projet initié par le couple franco-allemand : « aujourd'hui, nous sommes sept pays et dix-sept entreprises privées, prêts ensemble à construire une industrie européenne de la batterie ».

Une industrie européenne forte, « cruciale pour le futur du continent »

Le ministre français a longuement insisté sur l’importance pour les États membres de joindre leurs forces sur le plan industriel afin de préserver une indépendance économique et de « ne pas disparaître de la scène internationale » dans les années à venir. Une industrie européenne forte et ambitieuse est, selon lui, « cruciale pour le futur du continent ».

« Les batteries représentent 30% de la valeur ajoutée des véhicules électriques. Nous voulons que cette valeur soit créée en Europe, sur notre propre territoire, par nos propres usines », a-t-il souligné.

Le ministre allemand de l'Économie et de l'Énergie, Peter Altmaier - lui aussi présent lors de cette conférence - s'est rangé derrière son homologue français. À son tour, il a mis en garde contre le risque que constituerait une dépendance des industries automobiles européennes des fabricants de batteries japonais, chinois et coréens. « La question que nous devons nous poser, c'est : qui proposera le premier modèle mondial fonctionnel de voiture autonome de niveau 5 ? Qui prendra la tête de l’innovation ? », s'est-il demandé.

Les ministres ont estimé que beaucoup restait à faire en termes d’innovation pour que les Européens soient en mesure de concurrencer la Chine et les États-Unis. Ils ont appelé l’Europe à investir davantage dans l’intelligence artificielle, le stockage énergétique ou encore les technologies de l’hydrogène.

Nicolas Schmit, nouveau commissaire à l'Emploi et aux Droits sociaux, a tenu, quant à lui, à mettre l'accent sur le défi social que représente la transition qui attend l'industrie automobile. « Le dialogue social est un élément clé pour faciliter cette transition », a-t-il estimé, précisant que l'une de ses missions sera de faire en sorte « que tous les États membres investissent suffisamment dans l'éducation et la requalification de ceux dont le métier sera amené à évoluer ».

M. Le Maire a par ailleurs réitéré l’appel de la France à la mise en place d’une taxe carbone aux frontières, absente pour l’heure du projet de communication de la Commission sur le 'Green Deal' (EUROPE 12380/4), et qui semble, à ce jour, n'être qu'une éventualité.

« Je viens d’aborder le sujet avec le commissaire Phil Hogan et nous sommes tous deux convaincus qu’une telle taxe peut tout à fait être compatible avec les règles de l’OMC », a-t-il assuré. « J'espère que la Commission formulera une proposition formelle en 2020 et que celle-ci sera adoptée en 2022. » (Agathe Cherki - stage)

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