Avec la bénédiction de la Commission, le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et le ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie, Peter Altmaier, ont levé un peu plus le voile sur le projet de consortium de production de batterie de 3e et 4e générations, jeudi 2 mai à Paris, en présence du vice-président de la Commission, chargé de l’Union de l’énergie, Maroš Šefčovič.
Les deux ministres ont ainsi confirmé que le constructeur automobile PSA et sa filiale allemande Opel, ainsi que l’énergéticien Total et sa filiale Saft, spécialiste de la batterie de haute technologie, comptaient lancer un projet pilote dans la production de batterie.
Le calendrier et les objectifs ont été précisés par M. Le Maire : il s’agirait tout d’abord de produire des batteries liquides jusqu’à l’horizon 2022-2023, pour après développer des batteries solides. Un projet pilote employant environ 200 personnes devrait d’abord voir le jour en France, puis deux usines de production, l’une en France, l’autre en Allemagne, employant chacune environ 1 500 personnes, devraient ouvrir par la suite.
Le ministre français a ajouté que l’Italie, la Belgique, la Pologne, l’Autriche et la Finlande auraient manifesté leur intérêt, ainsi que la Suède. L’objectif à terme est de créer presque ex nihilo un secteur de la batterie « made in Europe » dont la grande spécificité serait l’accent mis sur la durabilité et le recyclage.
Aval de la Commission
Le projet franco-allemand aurait reçu le soutien de principe de la Commission européenne, qui en a reconnu la nature stratégique pour l’UE, a indiqué le ministre français ce même jour. Cela ouvre la voie vers la reconnaissance d’un projet important d’intérêt européen commun (PIEEC). Cette décision tombe peu après une 3e réunion de l’Alliance européenne pour la batterie, mardi 30 avril (EUROPE 12245/13). Obtenir la reconnaissance en tant que PIEEC permettrait au futur consortium de bénéficier d’aides d’État (environ 1,2 milliard d’euros) sans aller à l’encontre du droit européen en la matière.
Il s’agit d’un signal positif pour les deux ministres, après avoir connu quelques déconvenues récemment avec la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, celle-ci ayant rejeté le projet de fusion entre Siemens et Alstom (EUROPE 12188/1).
Le projet doit être notifié en détail à la Commission européenne en juin, a rappelé M. Šefčovič, qui espère pouvoir obtenir l’aval de la Commission avant la fin de son mandat actuel.
Le temps presse, comme l’a souligné le ministre allemand, indiquant que les constructeurs automobiles ont donné 12 mois pour voir si le projet est viable ou pas. (Pascal Hansens)