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Bulletin Quotidien Europe N° 12245
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POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

Alliance européenne de la batterie, les États membres veulent passer à la vitesse supérieure

L’Union européenne veut passer à la vitesse supérieure pour mettre sur pied des champions européens dans le secteur de la batterie dans les plus brefs délais, à en croire les annonces du vice-président de la Commission chargé de l’Union de l’énergie, Maroš Šefčovič, mardi 30 avril, à l’issue de la 3e réunion de l’Alliance européenne de la batterie

« Je peux vous dire que nos concurrents non européens commencent à s’inquiéter », a plastronné le commissaire, sans toutefois cacher que le rattrapage de l’Union européenne face à la concurrence asiatique, notamment chinoise et sud-coréenne, se fait « lentement ». Il est vrai que l’Union ne pesait que 3 % du marché mondial en 2018. « Nous avons donc convenu d'agir encore plus vite. » 

Une dizaine d’États membres (Belgique, Allemagne, Espagne, France, Italie, Pologne, Portugal, Suède, Slovaquie - la Finlande et la République tchèque n’ont pu venir, finalement) se sont ainsi retrouvés dans les locaux de la Commission européenne pour donner une nouvelle impulsion politique aux différents projets. 

A été discuté, en présence de la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, le premier projet concret avancé par la France et l’Allemagne. Ces deux États ont adressé une lettre à la Commission européenne en vue d’approuver l'octroi de subventions d'État à un consortium transfrontalier de cellules de batterie comprenant le constructeur automobile PSA avec sa filiale allemande Opel et le fabricant français de batteries Saft, selon l’Agence Reuters et la presse allemande. 

Aides d'État. Ce projet se ferait dans le cadre d’un 'projet important d’intérêt européen commun' (PIIEC), ces règles spécifiques adoptées en juin 2014 par la Commission européenne pour soutenir des projets économiques clés pour l’Union européenne.

Le calendrier a été ébauché par M. Šefčovič. Le consortium devra envoyer le dossier de son projet en juin prochain à la Commission, qui essaiera de statuer sous son mandat, espère-t-il, pour déterminer s’il peut bénéficier du statut spécifique conféré par le PIIEC. « J’ai assuré aujourd'hui que nous examinerons les projets à venir avec le même niveau de détermination et d'engagement », a-t-il fait savoir. 

Jeudi 2 mai, Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie et des Finances, et Peter Altmaier, ministre fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie, se retrouveront à Paris, pour travailler sur le renforcement de leur coopération dans le secteur de la batterie.

Fort engagement. D’une manière générale, le commissaire s’est félicité du degré d’engagement des États membres dans toute la chaîne de valeur liée à la batterie. Pour la production de matières premières, la Suède, la Finlande et le Portugal auraient manifesté leur intérêt. Pour ce qui est des processus chimiques, la Belgique, la Pologne, l’Allemagne et la Finlande seraient intéressées. 

Pour la production de cellules de batterie, en plus de l’Allemagne et de la France, l’Italie, la Suède et la République tchèque auraient quelque appétence également. Pour ce qui est des batteries, des logiciels, des machines-outils et de l’ingénierie, l’Allemagne, l’Espagne, la Slovaquie seraient, là aussi, prêtes à s’engager. Enfin, sur la question du recyclage, la Belgique et l’Allemagne seraient intéressées. Sur ce dernier point, la Pologne aurait manifesté également son intérêt. 

Le commissaire a rappelé quelques chiffres tirés du rapport de la Commission publié plus tôt dans le mois (EUROPE 12233/23) : 100 milliards d’euros d'investissements seraient déjà sur la table. 70 milliards d’euros sont attendus en juin par le biais de la plateforme d’investissement mise sur pied en partenariat avec la Banque européenne d’investissement. 

La prochaine réunion de l’Alliance européenne de la batterie au niveau technique se tiendra vraisemblablement le 10 mai prochain. Une nouvelle réunion au niveau politique est prévue pour le 30 mai. (Pascal Hansens)

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