Le Comité de liaison ad hoc sur la Palestine (AHLC), réuni mardi 30 avril à Bruxelles, a appelé Palestiniens et Israéliens à dialoguer sur les questions budgétaires.
L'État hébreu a décidé de retenir une partie des recettes fiscales qu’il transfère régulièrement à l'Autorité palestinienne (AP) en vertu des accords d'Oslo, une somme qui correspondrait au montant que l’AP reverserait aux Palestiniens détenus en Israël, à leurs familles et aux prisonniers libérés. En représailles de cette décision, l’AP refuse toute recette fiscale, à moins qu'elle ne soit transférée intégralement (EUROPE 12200/3).
L’AHLC « exhorte les parties à entreprendre un dialogue sérieux pour discuter d’un large éventail de questions fiscales pendantes », a annoncé la ministre des Affaires étrangères norvégienne, Ine Marie Eriksen Søreide, dont le pays préside l’AHLC. Elle a précisé que les membres de l’AHLC étaient disposés à aider. Selon la ministre norvégienne, les mesures d’austérité « extrêmes » mises en place par l’Autorité palestinienne « ne peuvent pas être durables à long terme », ajoutant que les donateurs internationaux ne pouvaient pas combler ce vide financier.
« Une solution à la crise actuelle doit être trouvée, afin d’éviter l'effondrement financier [de l’AP] qui aurait des conséquences terribles pour la sécurité de la région », a prévenu de son côté la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.
Mme Søreide a demandé, au nom de l’AHLC, à la communauté internationale de coopérer et de financer un paquet économique et humanitaire à Gaza pour améliorer la situation sur place et pour rénover les infrastructures de base, en coordination avec l’Autorité palestinienne. Elle a également appelé à aider l’UNRWA, estimant que la situation financière difficile de l’agence onusienne pouvait « permettre à des groupes radicaux de devenir opérationnels dans les camps de réfugiés ».
Mme Mogherini a ainsi annoncé une nouvelle assistance de 22 millions d’euros pour les personnes les plus vulnérables à Gaza et en Cisjordanie.
Un effort collectif est nécessaire pour mettre l’économie palestinienne sur une voie plus durable, a également plaidé la ministre norvégienne. Tout comme Mme Mogherini, elle a toutefois précisé que cette assistance ne devait pas être une substitution à une solution à deux États. « La construction d’un État palestinien et son développement économique ne peuvent jamais substituer le processus politique et les négociations entre les parties », a prévenu Mme Søreide, rappelant le soutien de l’AHLC à une solution négociée à deux États. Les négociations sur les questions ouvertes liées aux territoires, aux frontières, à la sécurité, aux mouvements, à Jérusalem, aux réfugiés et aux ressources naturelles doivent être conclues, a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)