À l'occasion d'un événement organisé avec la presse dans le cadre de la Semaine européenne de la jeunesse, le commissaire chargé de l'Éducation, la Jeunesse, la Culture et le Sport, le Hongrois Tibor Navracsics, a défendu le bilan de la Commission Juncker. Pour ce qui concerne la jeunesse tout particulièrement, il s'attend à ce que l'agenda de Göteborg soit poursuivi et renforcé lors du sommet de Sibiu. (propos recueillis par Sophie Petitjean)
Agence Europe - La Commission a présenté ce jour sa contribution au sommet de Sibiu, qui recommande de mieux enseigner l'Europe. Est-ce que vos domaines de compétences seront abordés par les chefs d'État le 9 mai ?
Tibor Navracsics - Nous allons avoir un sommet de la jeunesse le 8 mai à Sibiu, juste avant celui des adultes, si je peux dire. Cela nous permettra d'entendre les représentants des jeunes, de recueillir leurs opinions et leurs visions sur le futur de l'Europe et de faire remonter leurs discussions. Je suis optimiste, je pense que la politique de la jeunesse, mais aussi le rôle de l'éducation et, probablement, la culture seront sur la table des dirigeants européens. Et que le chemin que nous avons pris en novembre 2017 à Göteborg sera poursuivi (EUROPE 11907/1).
La Semaine européenne de la jeunesse met en lumière les outils de l'UE pour la jeunesse (i.e. le programme discoverEU, le Corps européen de solidarité, Erasmus+ et la garantie pour la jeunesse). D'après vous, est-ce que l'Europe en fait assez pour les jeunes ?
C'est une question difficile. Qu'est-ce qui suffit ? Nous aimerions bien sûr voir tous les jeunes heureux en Europe. Mais nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire pour résoudre tous les problèmes de discrimination, de marginalisation sociale, d’intolérance, etc. Nos initiatives ne sont certainement pas suffisantes pour les rendre totalement heureux. Mais c’est un soutien utile pour leur permettre de vivre une belle vie.
Comment expliquez-vous que, parmi les programmes 2021-2027, ni le Corps de solidarité ni le programme Erasmus n’aient fait l'objet de négociations interinstitutionnelles ?
À ma connaissance, le Parlement européen n’a pas souhaité fixer de date pour des négociations interinstitutionnelles avant les élections européennes.
Pourquoi ? À cause du budget ?
Je ne sais pas, il faut leur demander. Mais oui, probablement. Nous avons proposé de doubler le budget de ce programme : le Conseil a appuyé cette idée et le Parlement a demandé un triplement. Je ne sais pas si leur demande recevra le soutien des États membres. Il faudra voir ce qui ressortira des négociations interinstitutionnelles. Je serais évidemment ravi si la solution finale portait sur un triplement du budget.
Le sport est également une de vos compétences. Est-ce qu'il y a vraiment matière à agir pour la Commission ou ce portefeuille devrait-il être supprimé à l'avenir ?
Nous avons des initiatives vraiment significatives et financées par Erasmus : nous avons la Semaine européenne du sport qui devient un événement très important dans la politique du sport. Nous comptons à présent plus de 15 millions de participants dans toute l'Europe et plus de 30 pays participants, ce qui signifie que cela est encore plus large que l'UE elle-même. Et nous avons des prix pour les activités sportives socialement responsables (par exemple, les activités #BeInclusive ou #BeActive). Tous ces prix reconnaissent les activités et les contributions des ONG au niveau local qui font des exercices d’intégration sociale dans le sport. Je pense que ceux-ci sont très importants. Donc, oui, cette compétence doit être conservée dans la prochaine Commission.
Concernant la culture, la France organise le 3 mai une conférence en vue de mettre en place un mécanisme de coopération pour le patrimoine européen en péril. Est-ce que vous pensez qu'il y a un besoin en la matière ?
C'est une question difficile. Nous avons des mécanismes pour aider les États membres en difficulté quand il y a une catastrophe naturelle ou un incendie. On peut aussi aider avec le Corps de solidarité européen pour mobiliser des volontaires ou encore lancer des projets avec Europe créative pour améliorer les échanges d'experts, d'expertises ou d'idées. Mais on peut faire plus. Je comprends que les autorités françaises veuillent obtenir de l'argent et des financements plus rapidement dans des situations d'urgence. Je peux soutenir ces idées, oui. Donc, on peut probablement développer un tel mécanisme d'assistance en situation d'urgence.
Fin mars, le groupe PPE au Parlement européen a choisi de suspendre temporairement la participation du Fidesz, le parti de Viktor Orbán auquel vous appartenez. Qu'en pensez-vous ?
Pour moi, la place du Fidesz est au sein du PPE. Donc, j'espère que nous réintégrerons le PPE au plus vite. Et non, je ne pense pas que ce serait une bonne idée de rejoindre un autre groupe.