login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12384
Sommaire Publication complète Par article 11 / 28
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat/environnement

La santé de la planète mérite les centaines de milliards d'euros d’investissements par an requis par le 'Green Deal', selon M. Timmermans

Le dernier rapport de l’Agence européenne de l’Environnement (AEE) sur l’état et les perspectives de l’environnement en Europe est alarmant, mais tout n’est pas perdu - ont souligné le vice-président exécutif de la Commission européenne au 'Green Deal' et chargé du Climat, Frans Timmermans, et le commissaire à l’Environnement, aux Océans et à la Pêche, Virginijus Sinkevicius, jeudi 5 décembre.

Tous deux se sont félicités de l’alerte qu’il a donnée et des possibilités qu’il y a encore pour l’UE d’atteindre ses objectifs environnementaux, climatiques et énergétiques à l’horizon 2030 et 2050 et de s'orienter vers un avenir durable au moyen d'un véritable programme de transformation urgent et radical (EUROPE 12383/8).

« Nous nous engageons à tenir compte du message : nous n’avons plus de temps à perdre pour tenir nos promesses. J’ai dit la même chose devant le Comité des régions aujourd’hui », a déclaré Frans Timmermans à la presse. Il espère que le Green Deal européen ('Pacte vert'), dont la Commission dévoilera les grandes lignes le 11 décembre, convaincra tout le monde.

Évoquant l'ampleur des investissements requis, il a invité à « penser au coût de l'inaction, qui sera beaucoup plus élevé » si les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes, si le nombre de décès prématurés dus à la pollution de l’air atteint 1 million par an au lieu de 400 000 actuellement, si l’UE « ignore la quatrième révolution industrielle ».

100 milliards d'euros d'investissements annuels pour le Fonds pour la transition juste. Chantre d'une transition socialement juste et qui ne laisse personne de côté, Frans Timmermans a fait référence à l'indication donnée la veille par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, sur la capacité du futur fonds pour la transition juste de lever « jusqu’à 100 milliards € » sur toute la période, par effet de levier. 

« Il faudra qu’on peaufine la répartition et que cela soit parfait au niveau technique avant sa mise en œuvre », a précisé M. Timmermans. « Je pense qu’avec un bon panachage, nous serons en mesure de convaincre » les pays qui ont le plus de difficultés, a-t-il ajouté, annonçant sa rencontre, le même jour, avec le Premier ministre tchèque. Invité à chiffrer le montant total des investissements requis, Frans Timmermans a refusé de donner un chiffre précis.

Entre 180 et 300 milliards d'investissements requis par an. La Commission européenne, dans sa communication « Une planète propre pour tous », avait estimé qu’il faudrait environ 250 milliards € par an d’investissements publics et privés pour la transition vers la neutralité climatique. Le vice-président exécutif a préféré citer une fourchette comprise entre 180 et 300 milliards par an. « On parle bien de centaines de milliards par an, sans chiffre précis ».

Le projet de conclusions du Conseil européen du 2 décembre souligne que la transition vers la neutralité climatique exigera des investissements publics et privés massifs. Il salue à cet égard les 1 000 milliards de soutien à l'action climatique et à la durabilité environnementale de 2021 à 2030 annoncés par la BEI. Le texte mentionne aussi « un pourcentage significatif » du futur budget à allouer aux actions contre le changement climatique, le rôle important de InvestEU pour mobiliser des investissements privés, ainsi que le soutien ciblé du futur fonds pour la transition juste aux régions et secteurs les plus affectés par la transition. 

Lors de la réunion des représentants permanents auprès de l'UE, mercredi 4 décembre, les pays qui ont le plus de difficultés voulaient plus de détails, mais « c’est difficile à ce stade, le Green Deal n’étant pas encore dévoilé », indiquait une source.

Le commissaire Sinkevicius s'est réjoui que le rapport de l'AEE ait été publié une semaine avant le Conseil européen et puisse « servir de référence dans les années qui viennent pour faire le point de la situation ». 

Il a rappelé que trois grands chantiers l'attendaient pour concrétiser le 'Green Deal' et répondre à ce rapport : - la stratégie pour la biodiversité à l'horizon 2030, qui se concentrera notamment sur la restauration des écosystèmes en remédiant aux lacunes de mise en œuvre et « en mettant la main au portefeuille pour une action bien ordonnée qui permettra à l'Europe de rester crédible » ; l'économie circulaire et son nouveau plan d'action « pour avoir le monde des entreprises à nos côtés, créer un marché pour les solutions des PME », notamment, ce qui suppose d'améliorer leur accès au capital ; - l'ambition zéro pollution (EUROPE 12341/4).

Le directeur exécutif de l'AEE, Hans Bruynswick, a souligné que le changement de cap requis pour redresser la barre nécessite des politiques différentes qui doivent être incluses dans le 'Green Deal'.

Pour déployer des solutions innovantes, il faut, selon lui, stopper les investissements qui ne sont pas compatibles avec le respect de l’environnement, accélérer le déploiement des solutions vertes et mettre un coup de frein aux solutions qui ne sont pas écologiques.

« Améliorer les moteurs diesel n'est pas la solution qui répondra aux exigences de long terme. Il faut investir dans les technologies vertes », a-t-il affirmé. (Aminata Niang)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES