Les instruments de l'UE destinés à aider les agriculteurs à protéger leurs revenus contre la baisse des prix et les pertes de production n'ont qu'en partie atteint leurs objectifs et leur utilisation reste faible et inégale, selon un nouveau rapport de la Cour des comptes de l’UE publié jeudi 5 décembre. En outre, certaines mesures exceptionnelles n'ont pas été bien ciblées et peuvent entraîner des surcompensations disproportionnées, affirment les auditeurs.
La majeure partie des 2,6 milliards d'euros budgétisés par l'UE pour aider les agriculteurs à s'assurer contre la volatilité des prix et les pertes de production a été utilisée sans grand impact, déplore la Cour. Très peu d'agriculteurs ont bénéficié de ces fonds, puisque moins de 10% de ceux qui contractent une assurance le font avec l'aide de l'UE. La plupart des agriculteurs n'envisagent même pas de prendre des mesures d'atténuation des risques, convaincus qu'ils recevront de toute façon une aide publique substantielle en cas de crise.
En outre, l'aide de l'UE en matière d'assurance ne bénéficie pas à ceux qui en ont réellement besoin. Dans les deux États membres qui y recourent le plus (l'Italie et la France), les auditeurs ont observé une concentration de cette aide sur le secteur vitivinicole et un ‘effet d’aubaine’.
En ce qui concerne les mesures exceptionnelles prises à la suite de l'embargo russe, la Cour a noté que leur application n'était envisagée sur la base d'aucun critère particulier et que le niveau de l'aide dépendait principalement des pertes liées au marché russe, l'existence de débouchés de substitution n'ayant été prise en considération qu'à partir de la troisième année de l'embargo.
La Cour a enfin critiqué les aides pour les producteurs de pommes et de pêches/nectarines.
Lien vers le rapport : http://bit.ly/2qlOXZa (Lionel Changeur)